SOLI MAN I. DIXIEME SULTAN. 637
Gran. Liscano &Salamanca, deux Espagnols orgueilleux, y commandoient, sIctios& se vantèrent de défendre la place avec courage & fidélité. Les Turcs u.ayant dressé leurs batteries contre 1 endroit le plus foible de la muraille, Ex Phitsqu on leur avoit indiqué, y firent une grande breche, mais furent vigou - de *j. arbe 'reufement repoussés jusqu’à trois fois. Les deux Commandans Espagnols,appréhendant néanmoins l’issue du siégé, on résolut de rendre la ville. Sala- e? c .tnanca , du consentement des Officiers, mais contre le gré des soldats, > ■■ -sortit pour se rendre au camp des Turcs, & chemin faisant il ordonna àceux qui défendoient la Tour de seau, de se mettre en sûreté en se retirantdans la ville. Allarmés de cet ordre, les soldats se retirerent avec tant deprécipitation, que les Turcs qui étoient alertes, entrerent dans la Touravant qu’ils se fussent tous retirés, tuerent ceux quireíloient encore, &s’emparèrent du Fort. Salamanca ayant été mené à Ahmed demanda desconditions très-avantageuses, mais le Générai Turc exigea qu’ils se ren-dissent à discrétion. Liscano en fut averti par un billet, & il rendit la vil-le, où les Turcs entrerent tranquillement ; mais lorsque la Garnison fut ar- 'rivée à Presbourg, on fit arrêter les deux Gouverneurs avec quelques Offi-ciers , parcequ’on les soupçonnoit de trahison.
Soì'man fit son entrée dans Gran le 10 d’Aout, & convertit les Eglises en SìegeMosquées. Après avoir fortifié la place, il fit raser le Château de Tata,qui s’étoit rendu à lui., De-là il se rendit devant Albe Royale, ainsi nom- Roya e ‘mée, parceque c étoit-là que les Rois de Hongrie étoient couronnés & en-terrés. Cette ville est située au milieu d’un marais, & l’on y aborde partrois chauffées fort larges, où il y a de belles maisons & des jardins de cha-que côté. Elle est entourée de fortes murailles & d’un sosie profond rem-pli d’eau, ce qui en rend le siégé difficile. A rapproche de l’ennemi Rar-coí, qui commandoit, atiroit voulu ruiner les fauxbourgs, mais les habitansn’y voulurent pas consentir, croyant qu’on pouvoit les défendre. Aussitôtque les Turcs commenceront à investir la place, cinq-cens Houssards (*) quiy étoient en Garnison, n'étant pas accoutumés à être renfermés, se retire-rent pendant la nuit. Les Turcs par le feu continuel de leur canon abatti-rent les planches & la charpente, qui tenoit la terre & le fable dont la For-teresse étoit construite; ayant ensuite comblé avec un travail incroyable, endouze jours, le marais &le fossé, ils donneront l’aslaut au boulevard desfauxbourgs du côté de Bude, & ayant continuellement des Troupes fraîchesils l’emporterent à la fin. .
Les femmes & les Religieux mêmes travaillèrent à la défense ; il y eut La Villeentre autres une puissante Amazone Hongroise, qui monta avec les soldats/^ fend.au haut du Fort Italien, qui tenoit encore, & d’un seul coup de sabre elleemporta la tête, à deux Turcs, qui vouloient monter sur le rempart. Cejour-là, qui étoit le 25 d’Août, les Turcs ne purent avancer plus loin; maispeu après ils donneront un autre assaut, & à la faveur d’un brouillard ilsgagnèrent le haut des remparts avant que les assiégés s’en fussent apper-
£L1S.
(*) C’étoit, dit l’Auteur, la Cavalerie Hongroise, qui ne subíistoit que de brigandage,
(i à qui on donnoic le nom infâme de Houjfartls.
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