- 642 H 1 ST. DE L’EMPIRE OTHOMAN. Liv. XVIII. Chap. XI.
Se*tío;< tra lui-même fur leurs Terres, prit d’emblée Ardish & Aglash (*) , & fiem. palier au fil de T épée tous les Turcs qu’il y trouva, Iskankr Pacha s’avan-Expêli. Çà avec JesTroupes d’Asie pour s’opposer à cette irruption, mais le ShahPer^Sv vint à fa rencontre,le mit en déroute , & fit une terrible boucherie de ionSinerh ' armée. Faveur légere que la fortune accordoit aux Persans, pour leur fai-Milthe. ra sentir son courroux dans une occasion plus importante. Soliman fit pren-—dre les devans à son Grand-Visir Mehèmet Pacha, & lui ordonna de passerlTIiver avec les Troupes qu’il avoit aux environs de Tchad (f) ; & lui-même, au mois de Ramazan de l’an 960, vint le joindre avec son arméeà un endroit nommé Erkileh (j). Là il apprit avec certitude que son filsMustapha (§) ne cessoit de conspirer contre lui, bien-que furies soupçonsqu’on avoit il eût été resserré très -étroitement Tannée précédente: le faitbien avéré, le Sultan fit étrangler ce rebelle. Quand il fut arrivé à Alepson autre fils nommé Jehan Gir (**) mourut aussi. Restoit Selim , Tainéde tous, qui fut laissé dans Ma'rash avec toutes les Troupes pour y pas-ser T Hiver (a).
Mustapha Les Historiens Chrétiens parlent de Mujlaphi comme d un jeune PrinceFihd^ So- d'nn mérite supérieur, & ils attribuent sa mort aux intrigues d'une Dametiram/éï' Serrai! , ssfils appellent Roxelane. Cette Sultane voulant assurer TEmpire* ’ à un de ses quatre fils, engagea d abord par ses artifices le Sultan à Tépou-scr, & tenta ensuite de se défaire de Muflapha par le poison ; mais ayantmanqué son coup, elle 1 accusa auprès de Soliman de complots criminels jelle montra au Sultan des Lettres de ses créatures qui épioient les actionsduPrince, & entre autres une du Pacha, qui étoit son Gouverneur , & quicommandoit sous lui dans la Province d’Amasie ; il marquoit qu’on disoitque Mustapha étoit promis avec la fille du Roi de Perse: ces soupçons ayantété confirmés par Tadresse du Grand-Visir Rustan, gendre de Roxelane , leSultan y donna à la fin ; il envoya ordre à Mustapha de venir le trouverdans son camp ; ce jeune Prince, se confiant en son innocence s’y rendit ;mais en entrant dans la tente de son pere il fiat saisi par sept Muets, quil’étranglerent, tandis que Soliman, qui étoit derriere un rideau, les animoitpar des signes menaçans à l’expédier. Les mêmes Historiens ajoutentque son corps ayant été montré à son frère Jehan Ghir, qui étoit fort bossu,
ce
(a) Cantimir, T. II. p 331,332-
<*.) Villes qui confinent au Shirvan, les Cartes mettent par corruption Ergish & Elata.Crnt'mr. Elles sont bien nommées Arjish & Aidât ou Kalat,ainsi que portent quelquesCrtes & elles sont à trois-cens radies du Shirvan au Nord du Lac de Van.
(f) Ville de Natolie à peu de distance d’Amasie, c’est selon quelques-uns l’ancienneEu. lotie. Cantimir.
rn Ou Eregli, fur le chemin d iconie a Alep.
(g ) Quatrième fils de Soliman , accusé d’avoir soulevé ses autres freres contre Jeur pe-re. Les Turcs disent que Soliman patienta pendant un an, espérant de les ramener parla douceur; mais que les voyant obstinés, il fit étrangler Mu/lapha, comme seul auteurltur révolte. Ou soupçonna que Jehan Ghir avoit aussi été empoisonné par son ordre.Soliman, après avoir étouffé cette rehellion , fût une Loi, qui portoit que désormais les filsdu Sultan seraient gardés dans la Ville Impériale,& qu’on ne leur conféreroit plus deGo jverneinens: on a dérogé quelquefois depuis à cette Loi , mais on ne le fait plus. Cantimir.
C’est-à-dire, Porte-globe, parce qu’il étoit bossu. Cantimir.