-SOLIMAN Í. DIXIEME SULTAN. v 645
pesans. Les plus légers échappèrent à force de voiles, avec Seid Ali Gz-SectioÌjpndan , qui rassembla les Vaisseaux épars, tourna contre F ennemi à son tour, m.ôc par un changement de fortune singulier lui coula plusieurs Vaisseaux a Ex Pédi-fonds. Dans le même tems Toìgun Pacha, Begìerbeg de Lucie, enleva trois pplaces (*) aux Chrétiens, & fit un nombre infini de captifs. Saìih Pacha, siégé dtGouverneur de Jezair (f) prit Bijaneh (f) avec trois autres Châteaux Malthe.aux Espagnols. _ . 1 1 ■ —*
Le Roi de France, peu satisfait du succès de fes armes contre les Eípa- Autregnols,demanda à Solhnan une troisième Flotte. Le Sultan,ravi de pouvoir Flotte anComme on dit, rompre un œuf contre l’autre fans fe salir les mains, en ' Frvova le Capudan Fiait Pacha (§) avec une puissance Flotte p-our joindre 5celle de France; & de concert avec les François il prit Miíine, Rije,&
Marioca (**), & trois petites Illes voisines (ff) ; & après avoir fait ledégât fur les côtes de la Fouille, il retourna avec un riche butin vers f Au-tomne à Constantinople.
L’Empire Othoman étant parvenu au plus haut degré de puissmce, Soli- Nvunmr»man accorda du repos à fes'soldats, & s’occupa pendant près de dix-ans à lemeitKrégler les affaires civiles. II donna fes premiers foins à achever le Jamidont il avoit jetté les fondemens il y avoít trois ans ; il est si beau que sui-vant l’opinion cothtnune, après Sainte Sophie il n’y a point d’édifice dansle Monde qui en approche; le fondateur lui donna son nom & l’appella So~teimaniyeh (ff). Ensuite, roulant obvier à la confusion & même aux querel-les , qui souvent arrivoient parmi les Officiers des Cours de l’Empire, où lesrangs n’étoient pas exactement réglés, il fit un Code général (M, où ilfpécifioit fort en détail le rang. & la fonction de chacun, tant dans le civilque dans le militaire.
Ce nouveau Système de Loix fut un acheminement à de plus grands des-seins. Solimn avoit reconnu que l’Empire d’Allemagne étoit trop puissant,.
& que fes barrières étoient trop fortes pour f attaquer avec succès fans fai-re de plus grands préparatifs, que ceux qu’on avoit faits jufqu’alors. 11 em-ploya
(*) On n’en trouve point les noms. Cantìmìr. Peut-être ceci est-ìl relatif à la prise deMhoza ,-àont il est parlé plus bas.
ct) Ou bien avec l’article /// Jezair , (rifle ou la Presqu’isle), c’est Alger, Cantìmìr.
ct) Peut-être est-ce le Château de Nice en Piémont, que les François, secondés de§
Turcs, prirent en ce tems-là.
(§) Fameux Amiral des Turcs, qui bâtit à Constantinople- un Jami & un Marché,,qu’on y voit encore aujourd’hui. Cantìmìr.
(**) Messine , Regiiim Julium ou Rheggio-en Calibre, & Majorque. Les Turcs parleur méprise ordinaire placent les deux premieres en Espagne Cantìmìr.
ctt) On peut conjecturer que ce font les Isles de Minorque, d’Yvìca & de Formen-tefa ou Fromentera. Les Historiens Chrétiens disent seu'ement, qu’en 1555 ['AmiralTurc ayant réparé, la perte qu’fl avoit faite l’année précédente , surprit les Isles dsBlambis & d’Eíbe, qui appartenoient au Due de Florence, mais ils ne par,lent pointde la perte de Messine &c.
(U) Ce Temple est bá-ti fur une haute montagne ,& regarde le Port. L’art l’a en-richi de tant de beautés, qu’on peut le co npver aux plus superbes bâtimeiis. Cenesontpas feulement les Turcs qui en parlent si avantageusement , les Etrangers mêmes enfont l’éloge. Cantìmìr.
(§§') Ce Co le est* intitulé' Kanrth JVameh, ou ie Livre des Réglçmsns f on y Voit îes;dépenses du Gouvernement Turc, & 011 peut fort bien lut donner ie titre d 'Etat deg£m~pke Qtlwuuu Mrarara 3