646 HIST. DE L’EMPIRE OTHOMAN. Liv. XVIII. Chap. XI.Section p'oya donc dix ans à remplir ses coffres, & à pourvoir ses magazins (a).
1)1. Voilà tout ce que rapportent les Auteurs Turcs que le Prince CantimirExpédi- (») a suivis, pour remplir un espace de dix-ans dans le régné de Soliman.à t* Cependant les Historiens Chrétiens rapportent divers événemens arrivés dansSiégéds C ‘ cet intervalle, parmi lesquels il y en a d’une aussi grande importance qu’au-Maíthe. cun de ceux que son a vus jufqa’ici fous Je régné de Soliman.
- -- Environ le même tems que l’Amiral Turc s’empara des nies de Blambis&
^/S e àe d’Elbe, comme nous lavons dit, Ali Pacha de Bade fur rit le fort Châteaude Buboza en Hongrie ; ayant manqué son coup fur Sigeth il vint mettre2556. I e l' ie ê e devant cette ville le 10 de Juin de Tannée suivante avec une nom-breuse armée; le 20 les Turcs emporcerent le mur extérieur, mais ayantdonné Taffaut au Château,ils furent repoussés avec perte de huit-censhom-mes. Ils travaillèrent alors à combler le marais & le fossé qui environnentla ville, mais inutilement. Le 12 de juillet le Pacha donna un autre as-saut, qui dura cinq jours consécutifs, mais fans succès. II prit alors le partide décamper le 21, mais au bout de fix jours il revint fur ses pas & donnaun nouvel assaut, aussi inutilement que les autres, ayant perdu en tout deux-mille hommes, & tiré dix-mille coups de canon. II ne fut pas plus heureuxTannée suivante qu il assiégea encore cette place, car il fut obligé de leverle siégé à Tapproche de l’armée de Ferdinand , commandée par Polcerher &le Comte de Serin ; ces deux Généraux le défirent proche de Buboza. Cetéchec joint à T arrivée de nouveaux secours sous les ordres du jeune Fcrdi~nand Archiduc d Autriche, fils du Roi, intimida tellement les Turcs,qu’ilsabandonnèrent Buboza, Sammartin, St. Laurent, avec plusieurs autres pe-tites places, & s’enfuirent à la ville de Cinq-Eglises, non fans perdre biendu monde dans leur retraite. Le Gouverneur de Raab brûla les fauxbourgsd’Albe Royale, & emmena plusieurs milliers de bestiaux de T ennemi.Entreprì- Bajazet, le plus jeune des deux fils qui restoient à Soliman , ayant obtenuse rf/?Baja. le pardon de fa faute par Tintercession de Roxelane, comme on Ta vu pluszet cotiiTe h ail t, se conduisit fort sagement, tant que sa mere vécut. Mais cette Prin-Seiim * ce ^' e étant morte en 1557, il se mit à intriguer parmi la Milice; le Sultan,1557. ssû en sut informé, lui fit dire de se souvenir de son devoir; & pour éloi-gner davantage ses fils l’un de Yautre, aussi bien que de fa personne, il luiordonna de quitter Kutayeh & d’aller à Amasie, & à Selim de se rendre deMagnésie à Iconie. Bajazet, au-lieu d’obéir, chercha des délais, & demandaou de rester où il ótoit,ou que le Sultan lui assignât quelque Province moinséloignée qu’Amasie ; sur-tout puisque par un ordre postérieur son frère avoitobtenu la permission de demeurer á Pruse, où il ne cessoít de tramer descomplots contre lui. Soliman envoya alors deux Pachas, pour établir sesfils dans leurs Provinces respectives ; mais comme Bajazet fit encore diffi-culté d’obéir, son pere se prépara à Ty contraindre par la force ; & commeil trouva que les Janissaires favorisoient son parti, il demanda au Mufti sonavis fur le cas dont il s’agíssoit. Le Pontife répondit que The mine (car
on
{a) Caraimir, T. II. p. 334-338.
(*) Le Tarikh aï Oihnan, -traduit psr Gautier fous le titre $ Annales Su’tarervv,, n,t,tmnidarum, finit à Tannée 1550 . «mates òiuar.nruu Ot b-