648 IIIST. DE L’EMPIRE OTHOMAN. Liv. XVIII. Chap. XI.■Ssutwn Barbarie, que les Turcs leur avoient enlevé il y avoir neuf ans. Us obtinrentIII- enfin le secours qu’ils demandoient, & firent voile au mois de Février 1560Expédi. p 0ur je Zerbi ou de Gerbes. Dragut , Gouverneur de Tripoli, yavoitPerse A? débarqué peu auparavant avec huit-cens Janissaires, & avoit pourvu à ladé-Siege di' fense de la ville; cela n’empêcha pas les Chrétiens d’assiegeravec huit-milleMalthe. hommes le plus fort Château de l’ísle, qui se rendit d’abord. Mais tandis.. que Caravan , petit Roi Maure fur qui les Turcs avoient conquis l'Ifie, rai-son noir gravement avec les Généraux fur les moyens de chasser les Turcs del'Afrique, on eut avis que Plaie Pacha, l’Amiral Turc, n’étoit pas loin avecune Flotte-de quatre-vingt-cinq Galères, & qu’il recevoit tous les jours desrenforts de divers endroits. Cet avis détermina les Généraux Chrétiens àobliger le Chef des Maures à payer au Roi d’Efpagne le même tribut qu’ilpayoit à Dragut , & ils fe mirent à fortifier le Château. Mais les soldatstravaillèrent fi lentement, que la Flotte Turque arriva au mois de Mai, (kles surprit avant qu’ils eussent le tems de s’embarquer. Heureusement la plu-part des Vaisseaux Chrétiens & quatorze Galères avoient mis la veille à lavoile , & 1 e Grand-Maître avoit rappellé ses Galères en Avril. Dix des au-tres furent prises d’abord, & dans la fuite quelques urnes, qui touchèrent. IIn’y en eut qu’un petit nombre qui échappèrent : le Viceroi L l'Amiral JeanAndré Doria passèrent la nuit suivante sur deux petites Frégates à Malthe.Pertes de j j£g Turcs enflés de ce succès mirent le íìege devant le Château, quiChrétiens. nonobstant les renforts que Dragut amena, fe défendit durant trois mois,Sc il fe feroit défendu plus longtems encore fans la disette d’eau,n’y ayantqu’une grande citerne pour en fournir la Garnison, desorte que plusieurs desassiégés moururent de soif. Le Gouverneur Don Alvarés avec les Amirauxdes Galères de Naples & de Sicile, tâchèrent de fe sauver à bord d’un Vais-seau qui étoit à l’ancre sous le Château ; niais les Turcs les ayant décou-verts , ils furent tous pris , ce qui détermina les soldats à rendre la place (*),à condition qu’ils auroient la vie fauve. Ainsi finit cette malheureuse expé-dition , dans laquelle les Chrétiens perdirent en différentes maniérés dixhuit-mille hommes, outre une grande partie de leur Flotte. L’année suivante,les Turcs pillèrent encore plusieurs places fur les côtes d’Italie, de Sicile& de Malthe. Philippe II. Roi d’Efpagne, envoya à-la-vérité une Flotte con-tre eux, mais vingt-cinq de ses Galères avec l’Amiral Mendoza périrent parune horrible tempête le 18 de Septembre (a).
Paix con. ■ Quelque tems après Ferdinand, k qui Charlcquînt son srere avoit résignéà. l'Empire en 1559, obtint àeSuliman la paix avec beaucoup de peine ;& dansune Diette tenue à Francfort le 24 Novembre 1562, il fit élire Maximilienson fils Roi des Romains. Ibrahim Pacha y vint, chargé de présens, &d’une Lettre pour l’Empereur, qui étoit d’un stile très-fier , contenantles conditions, fous lesquelles Soliman confentoit à une treve de huit ans :la principale étoit, que Ferdinand payeroit au Sultan un tribut annuel de
tien-
(<î) Ilicaut, ubi sup.
(*) JLes principaux prisonniers furent Dòn Alvarés Sandés, Don Jean de Cordoue, & unils du Duc de Médina ; les deux premiers furent mis à rançon, mais on n’a jamais enten-du parler du dernier; &l’on C roit que Ptale s’en défit, pour que Soliman } qui en fit Lirede; grandes perquisitions, ne découvrît pas qu’il le lui avoit caché. ,