6 5 6 11181. DE L’EMPÍRE OTHOMAN. Liv. XVIII. Chap. XI
Section le 7 (*). Le courageux Général au désespoir, mit un habit neuf, exhorta ses sol-, > lí }- dats à vendre leur vie le plus cher qu’il leur seroit possible, & fit une sortie à leurExpedi- àu l’épée à la main & couvert de son bouclier ; il íe jetta au milieu des en-Ter secte. Henris, & se fit tuer avec la plupart de ceux qui le filivoient.
Siégé de Ce íiege coûta cher aux Turcs ; de leur propre aveu ilsy perdirent sept-milleMalthe. Janissaires, & vingt-huit-mille autres soldats, fans compter les volontaires &. 77 ——— trois dés principaux Pachas. On coupa la tète du Comte de Serin , qu’on mit aubout d’une pique pour la faire voir à toute l’armée, après quoi le Viíìrl’envoyaen présent au Comte de Salm , qui étoit à Raab (f). Kcrctschen , Gouverneur de.Giula, livra cette place aux Turcs pour une grosse somme d’argent, & la plusgrande partie de ja Garnison fut maslacrée contre la parole donnée. Us ne furentpas fi heureux proche d’Albe Royale,q-,où ils perdirent beaucoup de monde,& où le Gouverneur de cette place fut fak prisonnier par George' Tlumger,à qui cette action valut s Ordre de Chevalerie & une Chaîne d’or («).
Âge ct Soliman régna quarante-un an, & en vécut soixante-quatorze (J). U avoirTik de eu sept fils, Anrurat, Abdollah , Mehemed , Mufiapha,'Seìim, lìajazct , &Soliman. } qui tous, excepté Selim , moururent avant lelir pere.
Son Pot- C’étoit un Prince également distingué par fa grandeur dame,fa Valeur & sapru-trait. dcnce. 11 supportoit les fatigues de la guerre avec une patience étonnante. Outrefa langue naturelle if parloit bien le Persan & s Arabe, & personne ne l’égaloiten délicatesse & cn esprit dans le genre dePoésie que lesPersuns appellent Nazin
(§). si ses vi 6 toii-es fur les Persans & fur les Hongrois, avec celles qu’il 3 rem-portées fur mer, lui ont acquis beaucoup de gloire, son nom est devenu en-core plus célébré par la réforme qu’il a faite dans les Cours de Justice, &pafles excelentes Loix qu’il a établies. C’est ce qui- lui a fait donner par lesTurcs le nom de Cammi (b). Les Historiens Chrétiens disent que Soliman é-toit d’une taille au-dessus de la médiocre, & délié ; il avoit ìe cou long, le teintpâle & brun, le nez aquilin ; il étoit; naturellement ambitieux & magnifique, plusexact à la parole que la plupart de ses prédécesseurs ; en un mot il ne lui manquoitpresqu’aucune des qualités qui font les grands Princes. Les mêmes Historiens a-joutent, que le Grand-Viíir Mu/âst, craignant l’insolence des Janissaires, fitétrangler ses Médecins & tous les Domestiques de là Chambre, pour cacher fàmort jusqu’àl’arrivée de Selim; comme néanmoins les Janissaires s’en doutèrent,il fit habiller le corps du Sultan à l’ordinaire,& le fit mettre tout droit dans sonséant, pour faire croire qu’il avoit la goutte, ce qui dissipa tous les soupçons (c).
(«) Ricaut, I. c. (S) Ccmtimir, 1. c. p. 341,342 (c) R team, ubi sup.
(*) 11 est difficile de dire, si ce fut ce feu, cu celui qui précéda, dont les Histo-riens Turcs parlent.
(f) Avec une Lettre conçue en ces termes. Jc Renvoys pour gage de mon amitié la têteù'un aes plus yaiilat.s & u.ttépides guerriers ton ami. J’ai jdit enterrer récemment sontorps, ct iïv.nc mat ière digue ùc lui. Zigeth te dit adieu pour jamais.
(t) Les Historiens Chretienslui donnent soixante-seize-ans de vie,L quarante-six de régné.
(§) Mesure poétique dont il est sait usage sur-tout dans l’Alcoran , ce qui la fait re-garder comme plus élégante que les autres. Cantimir.
Fin nu huitième Tome,