DE L’A F R I Q U E. Liv. XX. Chap. IV. 3 ude St. François, il retourna triomphant en Espagne. Grammaye dit quecinq ans après il céda ses droits à Diegue Herrera , & que ce fut celui-ci quiconquit Fuerta Ventura. Sanutus prétend que Bethancourt entreprit son ex-pédition avec la permission de lá Reine de Castille, & qu’après fa mort seshéritiers vendirent ces Isles à Herrera , ou plutôt à ì’ínfant Don Henri , quienvoya Herrera pour faire de nouvelles conquêtes , en quoi il réussit ayantsoumis l’Ifle de Fer r o & la Gomere. Avec le teins les autres Iíles furentaussi conquises. Mais n’iníistons pas fur un sujet où les Relations varient sifort (*). Ce qu’il y a de certain, c’est que quand Ferdinand le Catholiquefit la paix avec Alphonse V. Roi de Portugal, après une guerre sanglante ,on stipula qu’ils renonceroient à toutes les prétentions antécédentes à ceTraité, que déformais les Isles Canaries seroient annexées pour jamais à laCouronne de Castille (f), & qu'en équivalent la Navigation & le Commer-ce de Guinée appartiendraient au Portugal,*à forclusion des Castillans. CeTraité fut signé à Alcobazas le 4 de Novembre 1479 (u).
(a) Tufchm FilgrimsL. VII. C. 12. Sanut. L. III. Grammaye Afriq. L. IX. Cb.3.
(*) Peut-être souhaittera-t-on d’avoir une Relation des Conquêtes des Espagnols, furl’autorité des Auteurs les plus dignes de foi. Grammaye assure que Herrera n’ayant pasété auíîl heureux dans ses entreprises fur les autres Iíles, fut íî dégoûté qu’il vendit sondroit, car il suppose qu’il avoit droit, au Roi Ferdinand , immédiatement avant qu’unegrande bataille contre les Insulaires le mît en possession de la grande Canarie. On en-voya ensuite Bartkslemi & Alphonse Lugo pour soumettre Ténériffe , dont ils se rendirentmaîtres en 1512. Palma avoit été soumise environ quatre ans auparavant Sanutus sou-tient au contraire formellement, que ìa Gomere & Feîro surent découvertes par FtrdinaridDorias , & Ténériffe , Palma & la grande Canarie par Alphonse Lugo & Vietro da Fera , &qu’elles furent conquises par orúre de Ferdinand & d 'Isabelle. Lugo soumit Ténériffe &Palma; & Fera, citoyen de Xérès, subjugua les autres. Du tems de Cada Mofio il n’y enavoit que quatre habitées par les Chrétiens & annexées à la Couronne de Castille, savoirFuerte Ventura, Lancerote, Gomere & Ferro.
(f) Voici la Relation que Mandelflo donne des Isles Canaries. Les Anciens, dít-il, lesnommoient L/les Fortunées à cause de la bonté de l’air & de la fertilité de leur terroir. LesAuteurs qui disent que les Espagnols, qui les ont découvertes en 1442, leur ont donnéle nom de Canaries , parcequ’ils y trouvèrent beaucoup de chiens, se trompent; car il estcertain qu e Pline, Siîlin, de-même que Ptolémée nomment Canarie une désistés Fortunées.Elles sont au nombre de sept, & s’étendent presque sur une même ligne de l’Orient à l’Oc-cident. Environ l’an 1348 Don Louis de la Cerda, Comte de Clermont, équipa uneFlotte sous la protection d’ Alphonse Roi d'Arragon, pour aller conquérir les Canaries,que le Pape lui avoit adjugées , & l’cxpédition répondit à son attente. Ces Iíles ayant é»té abandonnées depuis la mort du Comte de Clermont, les Basques & les Andaloufienséquipèrent une Escadre fur la fin du quatorzième siecle, & surprirent Lancerote; ils enrapportèrent tant de richesses, que le Roi de Castille eût dès ce tems-là entrepris laconquête de ces Isles, s’il n’en eût été empêché par les guerres qu’il avoit contre ses voi-sins. Quelque tems après Jean de Bethancourt , ayant commission de Henri III. Roi d “Es-pagne, entreprit de conquérir ces Isles, à la charge qu’après la conquête il reconnoîtroitla Souveraineté de la Couronne de Castille. II eut le bonheur de se rendre maître des cinqpetites, mais il ne put venir à bout de réduire les deux grandes. Le Roi de Castille, enqualité .-de.Souverain, y envoya d’abord un Evêque pour instruire les Insulaires dans la Re-ligion Chrétienne. Mais il y eut d.e si grandes querelles entre ce Prélat & le neveu derBethancourt , qai avoit succédé à son oncle, que le Roi fut obligé d’y envoyer Pedro Bar-bet avec une bonne Flotte pour en chasser les François. Barba Tes réduisit fans peine sousl’obéissance de son Maître, & les vendit ensuite à un certain Pereira, qui les donna en
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