Section
I.
Situation,Nom ,Nations ,Mœurs&c. cìcsHatten-tots.
Portraitdes Hot-tentots.
Coutumes
barbares.
g HISTOIRE DES HOTTENTOTS. Liv. XX. Ciiap. VIII.
& entre ceux-ci & Angola il y a encore plusieurs autres Peuples (d).
On fait accoucher les Femmes Hottentotes par le moyen d’une décoctionde tabac & de lait, quand elles ont de la peine à délivrer. On frotte l’en-fant de fiente de vache, on le lave ensuite du jus de Figues Hottentotes,qu’on laisse imbiber au Soleil, alors on l’oint de graisse feule ou de graissemêlée avec du beurre. Le pere ou la mere lui donnent le nom de ranimaiqu’ils aiment le plus, par exemple cheval, lion, brebis, âne. On lui ap-prend à fumer aussitôt qu’il est sevré. Les Hottentots font d’une bonnetaille, droits K bien faits; la plupart ont cinq à six pieds de haut, mais lesfemmes font beaucoup plus petites, & ont les pieds petits & délicats. Ils nefont guere sujets aux. maladies, & vivent longtems. Ils ont le teint cou-leur d’olive, la tête fort grosse & les yeux vifs, le nez plat, les levres e-paisses, les dents blanches comme de l’yvoire, les cheveux comme ceuxdes Negres & fort noirs, les pieds grands & larges. Bien-que les Hotten-tots reconnoissent les fruits que les Européens recueillent de leur industrie& de leur travail, ils font toujours les gens les plus paresseux de l’Univers;ils ne savent ce que c’est que fe couper les ongles des mains & des pieds;penser selon eux c’est travailler, & travailler c’est le fléau de. la vie; ils pas-sent les trois quarts de la leur avec une stupidité étonnante dans une hon-teuse oisiveté. 11s ne laissent pas d’être à l’occasion d’une grande activité ;ils devancent à la course le cheval le plus vite; ils íè servent avec beaucoupd’adresse de leur arc, lancent des pierres, l’hassagaye, & leurs rackumsou bâtons avec une grande dextérité. Bien - qu’ils ignorassent la culture &les qualités du tabac avant l’arrivée des Européens, ils y excellent à-pré-fent, & on les consulte souvent & sur l’agriculture en général, & sur lesqualités du tabac en particulier. Leur affection les uns pour les autres ,leur hospitalité, la compassion pour les malheureux & envers les Etran-gers, font des qualités qui les distinguent; de-même que le bon-sens, l’équi-té, & la promptitude à rendre justice, & la chasteté, surpassant à ces égardsla plupart des autres Nations ; avec tant de bonnes qualités ils ne laissent pasde pratiquer les coutumes les plus barbares & les plus inhumaines, fans au-tre raison que c’a été de tout tems l’usàge des Hottentots, c’est-là Tuniquefondement de leurs institutions ( b ).
Si une femme accouche de deux jumelles, ou d’un garçon & d’une fille,& que les parens étant riches Ja mere fe plaigne qu’elle n’a pas assez delait, ou qu’étant pauvres ils allèguent qu’ils ne fauroient les élever, tousles hommes du Kraal, assemblés exprès, donnent permission de prendre laplus laide ou la plus malfaite, & de l’enterrer toute vive, ou de l’exposersur un arbre ou dans des buissons aux bêtes féroces.
Leur procédé envers leurs parens qui font devenus si vieux qu’ils fonthors d’état d’agir, n’est pas moins barbare. Lorsqu’un homme est décré-pit, son fils ainé, ou en général son plus proche parent mâle, qui est sonhéritier, les femmes n’ayant rien que de son consentement, fait assemblertous les hommes du Kraal, leur communique le dessein qu’il a de fe défairedu vieillard, dont il décrit le malheureux état, demandant qu’il plaise à
Tas-
(a) Kolbe T. I. Ch. 9. {b) Idem Un d.