HISTOIRE DES HOTTENTOTS. Liv. XX. Chap. VIII. 9
Rassemblée qu’il soit séquestré. Jamais le Kraal ne refuse son consentement, Section'& l’on fixe un jour pour transporter le vieillard, quand il seroit le plus ri- *•
che du lieu, quand il seroit même le Capitaine ; avant le départ shéritierrégale les hommes du village, qui prennent alors congé de celui qui va être Nationsséquestré. Le jour venu on le met sur un bœuf de monture, & suivi de h Mœurs ’plus grande partie des habitans on le conduit à une hutte dressée exprès dans dtiun lieu écarté, on met à fa portée quelques provisions, après quoi on l’a- Hotteiî ‘bandonne entierement, le laissant périr ainsi de vieillesse ou de faim, si au- ° ts ‘ ,paravant il n’est pas dévoré par les bêtes sauvages. Mais la coutume la plusbarbare est celle des jeunes gens, reçus au nombre des hommss, qui insul-tent , maltraitent & même battent leurs meres impunément : indulgence auíîìcruelle de la part des peres, que dénaturée & ingrate de la part des enfans,qui rend les Hottentots les plus abominables des hommes.
Une peau de mouton ou de bête sauvage, qu’ils attachent autour de leur Habille-}cou leur couvre les épaules & le dos en guise de manteau. Ce manteau, qu’ils mnUappellent KroJJse ,est apprêté avec de la fiente de vache, ou de la graisse demouton, & graissé ensuite de beurre ou de graisse, rance ou fraîche', se-lon la qualité & le bien du Hottentot : il est plus ou moins long, ouvert oufermé par devant, selon la saison & la coutume de la Nation, car il y ades différences. Dans les grandes chaleurs ils vont la tête nue, n’étant ga-rantis que par la graisse mêlée de fuie dont ils se frottent, mais quand ilpleut ou qu’il fait froid, ils portent un bonnet fait de peau d’agneau ou dechat. Le visage & le devant du corps font presque toujours à découvert,mais ils couvrent leur nudité d’une piece de peau de quelque Jbête sauvagequ’il appellent Kul-KroJJe. De-là jusqu’aux pieds ils font tout nuds, excep-té lorsqu’ils menent paître le bétail, ou qu’ils ont à traverser des rochers oudes sables. Dans le premier cas ils portent des especes de bottines, & dansle second ils mettent des sandales de cuir crud, de bœuf ou d’éiéphant. Aleur cou pend un petit sac, dans lequel ils portent leur couteau, leur pipe,leur tabac ou leur Dacha, & un petit morceau de bois qu’ils appellent Su-fa , brûlé aux deux bouts, qui est comme une amulete contre les sortilèges.
Les Hottentots ont à leur bras gauche trois anneaux d’yvoire, auxquels ilsattachent, quand ils voyagent, un sac qui renferme leurs provisions. Ilsportent à leur main droite les deux bâtons qu’ils appellent Kirri & Rackum.
A leûr main gauche ils ont un autre bâton, à l’un des bouts duquel est at-tachée une queue de chat sauvage, de renard, ou de quelque autre ani-mal , dont ils se servent en guise de mouchoir. Rien ne distinguait autre-fois les Konques & les Capitaines, que le manteau de peau de tigre ou dechat sauvage. Mais il y a longtems que les Hollandois, lorsqu’ils traitè-rent alliance avec les Hottentots, firent présent à chaque Nation d’une cou-ronne de cuivre, & à chaque Kraal d’une canne, ornée d’une pomme de cui-vre ; les Konques portent constamment la couronne dans toutes les occasionssolemnelles, lorsqu’ils font à la tête de l’Armée, ou qu’ils président dans lesConseils; & les Capitaines ont la canne, qui est regardée comme un symbo-le inséparable de leur emploi.
Les femmes, qui ont comme les hommes les cheveux courts, laineux &
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