Section
I.
Situation ,Nom,Nations,MœursdesHotten-tots.
Maniéréde gouver-ner lestroupeaux.
Mtdeeìns.
12 HISTOIRE DES HOTTENTOTS. Liv. XX. Chap. VIII.
Un Kraaí n’a qu’une entrée fort étroite: une grande place ronde occu--pé l’intérieur, c’est-là qu’ils font entrer le menu bétail & les veaux ; autourdu Kraal en dehors ils rangent leur gros bétail derriere leurs huttes, & lesattachent deux à deux par le cou. 11 n’y a point de garde pour les garan-tir de l’attaque des bêtes féroces, ces animaux avertissant suffisamment del’approche de Fennemi par le bruit affreux qu’ils font. 11 y a dans chaqueKraal une méchante hutte où se retirent les veaux & les agneaux, jufqu’àce qu’ils soient en état de courir après leurs meres. On conduit les bêtesau pâturage entre ftx & sept heures du matin, & on les ramène le soirentre cinq & six.
Toutes les richesses des Iíottentots consistent dans leurs troupeaux. Rienaussi ne leur tient tant à cœur que de les voir prospérer , c’est-là où ils bor-nent toute leur ambition. Tour à tour deux ou trois hommes les condui-sent au pâturage, & la brebis unique du plus misérable des habitans est austibien soignée & gardée que les nombreux troupeaux du plus puissant. Ils ontdes Backeleyers , c’est une forte de bœufs dont ils fe servent à la guerre ,qu’ils dressent & disciplinent , comme on fait les éléphans en Asie. CesBackeleyers leur font austi d’un grand usage pour garder leurs troupeaux,ils ramènent les bestiaux qui s’écartent , & les tiennent rassemblés. Cesanimaux connoissent tous les habitans du Kraal, & viennent fondre fur lesétrangers & fur les voleurs. Les taureaux & les béliers ne font point sépa-rés des genisses & des brebis mais lorsque les premiers font en trop grandnombre, ils les châtrent. 11s font cette opération fur les bœufs lorlqu’ilsn’ont qu’un an. D’abord ils attachent à chacun des pieds une corde, & cou-chent l’animal fur le dos ; alors ils tirent de toutes leurs forces les cordesauxquelles font attachés les pieds, & les lient à quatre pieux fichés en ter-re, ils l’attachent austi par les cornes. L’opérateur lui lie les testicules dansla bourse aussi fortement qu’il peut, ainsi il coupe toute communicationentre les testicules & les vaisseaux fpermatiques. L’opération étant finie,on détache l’animal, & au bout de quelque tems ces parties ne pouvantrecevoir de nourriture, fe sèchent & tombent. On opéré fur les bé-liers lorfqu’ils ont un an & demi ; l’opération fe fait de la même manié-ré , avec cette différence, qu’ils écrasent les testicules avant que de lais-ser aller animal.
II y a dans chaque Kraal un Médecin, un Prêtre nommé Suri , un Mé-decin des troupeaux, & une Sageíemme, qui font tous électifs, & n’ontd’autre salaire que quelques pré sens de tems en tems. Le Médecin a foin dela santé des habitans, leur pratique réussit très-fouvent d’une maniéré é-tonnante, mais ils ne communiquent à qui que ce soit leurs remedes & lamaniéré de les préparer. Le Suri est le Maître des cérémonies religieuses,il folemnife les mariages & les funérailles, & il est celui qui fait l’opéra-tion de retrancher un testicule aux mâles. L’emploi du Médecin des trou-peaux est d’avoir l’œil fur la santé de ces animaux, il étudie les maladiesqui leur surviennent & les visite. La Sagefemme est choisie par les femmesdu lieu entre celles qu’on juge les plus capables ; elle est obligée d’excercerçette profession toute fa vie.
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