HISTOIRE DES HOTTENTOTS. Liv. XX. Chap. VIII. ! 13
La Coutume des Hottentots de retrancher un testicule aux mâles, leur Sectionest particulière ; Saar , Vogel , Tachard , Boevingôc d’autres, ont cru qu’el- I. _le n’a d’autre but que de leur procurer cette agilité ôt cette légèreté à lacourse, qui les distingue des autres Peuples. Quelques Hottentots failli -Rations,rent eux-mêmes, mais Koìbe cross que c est une cérémonie religieuse, & il Mœurs 'assure que les plus intelligens, qui gardent d’ailleurs un profond secret sur &c. desl’origine de leurs coutumes, lui ont dit, que c est me lol établie parmi eux Hotten-
depuis un tems immémorial , qu aucun homme ne pourra connoître me femme , tots '__
qu on ne lui ait premìeremeut ôté le testicule gauche. C’est aussi pour faire ob- Coutumeserver constamment cette Loi, que le tems de sopération est fixé à l'âge fmgulkre.de huit ou neuf ans. Si quelqu’un venoit à la négliger, il n’y icoit pas moinsque de la vie, & la femme qui auroit eu le malheur de coucher avec un telhomme, courroit risque d'être mise en pieces par les autres, parcequ’ellesfont dans l’idée, que tout homme à qui l’on n’a point fait ce retranche-ment engendre constamment des jumeaux. Aussi les filles, quand elles semarient , ont grand soin de faire examiner préalablement par leurs pa-rons ceux qui les recherchent, la modestie les empêchant de faire elles-mê-mes cet examen {a).
Celui qui veut se marier, s’il a encore son pere, ou quelque autre pa- Mariages,rent de qui il dépende, doit lui communiquer son dessein, & obtenir sonapprobation. Si le pere ou parent l’approuve , il va sur le champ avec lejeune homme chez le pere de la. fille, pour la demander en mariage. Ce-lui-ci va consulter sa femme ; il ne tarde pas à rapporter une réponse posi-tive & le plus souvent favorable ; le refus est rare, & n’a presque jamaislieu que lorsque la fille est déja accordée à un autre. En ce cas-là, le pere& l’amant se retirent. Si l’on consent à la proposition, & que le galantsoit émancipé L fait homme, l’époux futur court choisir deux ou trois bœufsgras, suivant les facultés & le rang de fa famille, & il les conduit à la hut-te de fa future. Tous ses parens l’accompagnent ; ils font reçus par ceux de .la belle avec des témoignages d’amitié & des caresses extraordinaires. Tou-te la compagnie se frotte le corps de graisse, &í se saupoudre de Buchu : lesfemmes, pour paroître plus belles & faire plus d’honneur à la fête, se bar-bouillent le front, les joues & le menton de terre rouge. On passe ensuite -•ê la cérémonie nuptiale : les hommes se tenant accroupis, forment un cer-cle , & les femmes à quelque distance un autre. Le futur époux esc au mi-lieu du premier cercle dans la même attitude que les autres. Alors le Prêtreou le Suri, qui est toujours celui du village où demeure l’épouse, entre dansle cercle des hommes, s’approche du futur époux & l’asperge de son uri-ne, que celui-ci reçoit avec une grande avidité, la mêlant avec la graisse &la poudre de Buchu dont il s’est frotté. Ensuite le Prêtre passe dans le cer-cle des femmes, & fait la même aspersion sur la future épouse, qui ne s’entient pas moins honorée. 11 va & vient jusqu’à trois fois de l’un à l’autre, enrépétant la même cérémonie, jusqu’à ce que son eau de bénédiction soit épui-sée. Pendant fasperfion il donne à l’un à à l’autre les bénédictions suivantes:Puist'uz-vous vivre longtems & heureusement ensemble! Puistìez-vous avoir un fils
avant
D) Kolhe P. I. Ch. iS.