OCCIDENTALE D'AFRIQUE. Liv. XX. Ciiap. XII. 271Royaume de Loango, n’ont aucune notion raisonnable d’un Etre Suprême. SíctiobUs semblent à-la-vérité en reconnoître un, qu’ils appellent Sambicm Pongo ,mais ils ne lui rendent aucun culte, ni ne paroissent avoir d’idée de fa na-ture & de ses attributs,& par conséquent n’ont pour lui ni amour ,nrcraln- àte, & ne Finvoquent point. Ils n’adorent & n’invoquent que leurs Démons Meursdomestiques & de campagne, auxquels seuls ils attribuent le pouvoir de leur & c ‘ ‘ íufaire du bien & du mal; c’est eux qui disposent des vents, de la pluie, des^f^'®®tempêtes, du beau tems, de la fertilité & de la stérilité, de la maladie & gcvde la santé. Les uns président sur Fair, d’autres fur la terre , d’autres fur ——la mer. Ceux-ci font bienfaifans, ceux-là malfaifans. Les uns font leurs amis& leurs protecteurs, les autres leurs ennemis qui ne cherchent qu’à leur nui-re. 11 s consultent les uns sur F avenir, comme sur le succès de leurs voya-ges, de la chasse, de la pêche, des semailles, de la récolte, de la guerre;
& les autres révèlent le passé, qui a volé une chose perdue, si un ami ouun parent est mort de maladie naturelle, ou si on Fa fait périr par quelquesortilège, & en ce cas qui est le sorcier. Ils représentent ces prétenduesDivinités fous différentes formes, d’hommes , de femmes ou d’autres créa-tures animées. Les unes font taillées grossièrement, d’autres font faites deterre ou de boue. Us portent quelques-unes des plus petites figures dans uneboëte pendue au cou par un cordon. Us placent les plus grandes dans leursmaisons, & leur ornent la tête de plumes de faisans, de perroquets, & d’au-tres oiseaux ; ils les peignent de diverses couleurs, & leur attachent autourdu corps des pieces de toile, d’étoffe, de petites coquilles, de morceauxde fer, & d’autres colifichets ; ils en mettent aussi au piédestal fur lequelFIdole est placée, qui est aussi de terre , & a assez la figure d’un de nosmortiers, d’où la figure fort à moitié; ils font obligés de les consacrerauxmauvais comme aux bons Démons, fans quoi ils éprouveroient bientôt leseffets de leur ressentiment (d).
Ceux qui font consacrés au service de ces Divinités font ordinairementâgés, & c’est YEnganga MokiJJb ou Chef des Magiciens qui les choisit. Lacérémonie de leur admission a quelque chose de ridicule, comme on le peutvoir dans les Remarques (*) ; elle ne laisse pas de fe faire devant une nom-
breu-
(«) Dapper , Davity, La Croix.
(*) Le Candidat est obligé de s’enfenner dans une hutte de branches de Palmierpendant quinze jours, dont il en doit passer neuf fans parler, il ne lui est pas mêmepermis de saluer personne en battant des mains, selon l’usage ; pour l’en faire souve»-ait, il porte deux plumes de perroquet aux deux coins de la bouche, & il a à la mainun bâton, au bout duquel est gravée la figure d’une tête d’homme.
Au bout des quinze jours, toute l’assemblée, qui est composée principalement de fezpavens & de ses amis, fe rend dans un lieu plat &uni , où il n’y a ni arbre ni arbrisseau , &ou il y a un tambour au. milieu, autour duquel tous les aífistans forment un cercle & dan-sent au son du tambour, tandis que l’Enganga qui mene ia danse chante les louanges duMokisso on Démon de campagne & implore son assistance. Le Candidat, s’il n’est pasmalade, tomme cela arrive souvent, entre aussi en danse, mais c’est autour de celui qui frap-pe le tambour. Cette danse continue deux ou trois jours, au bout desouels PEnganga s’appro*che fans etre apperçu du Novice, & l’effraye par fès cris furieux; le tambour qui n'a ces-se depuis quatre heures du soir de la veille de fe faire entendre, discontinue. L’Engangacommence alors à faire ses tours , i! frappe les Idoles de son bâton, prononce quelquesparoles inintelligibles,, fait fur le corps-du Novice & fur le sien des rayes rouges & blan-