Buch 
25 (1765) La suite de l'histoire d'Afrique; des différentes nations des Hottentots, avec la description de leurs côtes et des établissemens des Hollandois parmi eux; celle des royaumes de Benguela, de Congo, d'Angola ...
Seite
271
JPEG-Download
 

OCCIDENTALE D'AFRIQUE. Liv. XX. Ciiap. XII. 271Royaume de Loango, nont aucune notion raisonnable dun Etre Suprême. SíctiobUs semblent à-la-vérité en reconnoître un, quils appellent Sambicm Pongo ,mais ils ne lui rendent aucun culte, ni ne paroissent avoir didée de fa na-ture & de ses attributs,& par conséquent nont pour lui ni amour ,nrcraln- àte, & ne Finvoquent point. Ils nadorent & ninvoquent que leurs Démons Meursdomestiques & de campagne, auxquels seuls ils attribuent le pouvoir de leur & c íufaire du bien & du mal; cest eux qui disposent des vents, de la pluie, des^f^'®®tempêtes, du beau tems, de la fertilité & de la stérilité, de la maladie & gcvde la santé. Les uns président sur Fair, dautres fur la terre , dautres furla mer. Ceux-ci font bienfaifans, ceux- malfaifans. Les uns font leurs amis& leurs protecteurs, les autres leurs ennemis qui ne cherchent quà leur nui-re. 11 s consultent les uns sur F avenir, comme sur le succès de leurs voya-ges, de la chasse, de la pêche, des semailles, de la récolte, de la guerre;

& les autres révèlent le passé, qui a volé une chose perdue, si un ami ouun parent est mort de maladie naturelle, ou si on Fa fait périr par quelquesortilège, & en ce cas qui est le sorcier. Ils représentent ces prétenduesDivinités fous différentes formes, dhommes , de femmes ou dautres créa-tures animées. Les unes font taillées grossièrement, dautres font faites deterre ou de boue. Us portent quelques-unes des plus petites figures dans uneboëte pendue au cou par un cordon. Us placent les plus grandes dans leursmaisons, & leur ornent la tête de plumes de faisans, de perroquets, & dau-tres oiseaux ; ils les peignent de diverses couleurs, & leur attachent autourdu corps des pieces de toile, détoffe, de petites coquilles, de morceauxde fer, & dautres colifichets ; ils en mettent aussi au piédestal fur lequelFIdole est placée, qui est aussi de terre , & a assez la figure dun de nosmortiers, d la figure fort à moitié; ils font obligés de les consacrerauxmauvais comme aux bons Démons, fans quoi ils éprouveroient bientôt leseffets de leur ressentiment (d).

Ceux qui font consacrés au service de ces Divinités font ordinairementâgés, & cest YEnganga MokiJJb ou Chef des Magiciens qui les choisit. Lacérémonie de leur admission a quelque chose de ridicule, comme on le peutvoir dans les Remarques (*) ; elle ne laisse pas de fe faire devant une nom-

breu-

(«) Dapper , Davity, La Croix.

(*) Le Candidat est obligé de senfenner dans une hutte de branches de Palmierpendant quinze jours, dont il en doit passer neuf fans parler, il ne lui est pas mêmepermis de saluer personne en battant des mains, selon lusage ; pour len faire souve»-ait, il porte deux plumes de perroquet aux deux coins de la bouche, & il a à la mainun bâton, au bout duquel est gravée la figure dune tête dhomme.

Au bout des quinze jours, toute lassemblée, qui est composée principalement de fezpavens & de ses amis, fe rend dans un lieu plat &uni , il ny a ni arbre ni arbrisseau , &ou il y a un tambour au. milieu, autour duquel tous les aífistans forment un cercle & dan-sent au son du tambour, tandis que lEnganga qui mene ia danse chante les louanges duMokisso on Démon de campagne & implore son assistance. Le Candidat, sil nest pasmalade, tomme cela arrive souvent, entre aussi en danse, mais cest autour de celui qui frap-pe le tambour. Cette danse continue deux ou trois jours, au bout desouels PEnganga sappro*che fans etre apperçu du Novice, & leffraye par fès cris furieux; le tambour qui n'a ces-se depuis quatre heures du soir de la veille de fe faire entendre, discontinue. LEngangacommence alors à faire ses tours , i! frappe les Idoles de son bâton, prononce quelquesparoles inintelligibles,, fait fur le corps-du Novice & fur le sien des rayes rouges & blan-