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25 (1765) La suite de l'histoire d'Afrique; des différentes nations des Hottentots, avec la description de leurs côtes et des établissemens des Hollandois parmi eux; celle des royaumes de Benguela, de Congo, d'Angola ...
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Jlistoire dela tedes Escla-ve;. Ro-yaume deJuiHa.

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Z4L HISTOIRE DES PAYS DE LA COTE

courante est la Poudre dor ou les Bujis, & on ne fait point de crédit. LesBujis , que les François nomment Bouges , font de petites -coquilles dun blancde lait, & de la grandeur dune olive. Dans les Royaumes de Juida &dArdra elles fervent également de parure & de monnoye. On perce cha-que coquille avec un petit fer approprié à cet usage; on les enfile par qua-rantaines dans un cordon, que les habitans appellent Seuze & les PortugaisToquos; cinq de ces cordons font ce que les Portugais appellent Gallinha& les Negres Fore^ cestpar- qu'on évalue le prix de la Poudre dor& des Esclaves.

Les Européens, les Grands de Juida, & tous les Negres riches fe fontporter dans des hamacs fur les épaules de leurs Esclaves. Ces hamacs fontfort ingénieusement faits , & admirables pour fe défendre contre les cha-leurs., qui font ÍÌ grandes, dit Philips , quun Européen ne pourroit faireun mille à pied fur le haut du jour , fans être afi'oibli & fans sexposerdangereusement.

Bosman dit que les Habitans de Juida surpassent tous les Negres qua fréquentés, tant en bonnes quen mauvaises qualités. Tous, depuis le plusgrand jufquau moindre, traitent les Européens de la maniéré la plus hon-nête & la plus respectueuse. Les autres Negres les inportunent lans cessepour avoir des préfens, au-lieu que ceux de Fida aiment mieux en faire queden recevoir , fi ce nest quand on a trafiqué avec eux, alors ils aimentbien quon reconnoisse les services quils ont rendus. Us font aussi si civilsentre eux,& fur-tout les inférieurs à légard de leurs supérieurs, que Bosmanen fut étonné au commencement (a). M quelquun va rendre visite à unautre au - dessus de lui , ou sil le rencontre par hazard , il fe metdabord à genoux devant lui,baise la terre trois fois en frappant des mains,& lui souhaitte le bon jour ou le bon soir. Lautre répond affis ou debouten battant doucement des mains, <Sc lui rend son compliment.. Cependantle premier demeure assis ou prosterné par terre juíquà ce que lautre soitparti, à moins quil nait des affaires pressantes, auquel cas, après en avoirdemandé la permission, il fe retire en rampant. Les cadets témoignent lemême respect à leur ainé, les enfans à leurs peres, & les femmes à leursmaris. Us ne leur présentent & ne reçoivent rien deux quà genoux & a-vec les deux mains, ce qui passe encore parmi eux pour une autre marquede respect. Deux personnes dégale condition qui fe rencontrent, le met-tent à genoux,& en frappant des mains se saluent réciproquement; les domesti-ques qui les suivent observent scrupuleusement les mêmes cérémonies, touteune fuite quelquefois de cent perfonnnes fe met à genoux, & lon croiraitau premier coup > dœil quil sagit de quelque acte public de dévotion ; silarrive quune Personne de distinction éternue , tous ceux qui foutpréfens fe mettent à genoux, baisent la terre, & en frappant des mainslui souhaittent toute sorte de bonheur. En un mot, il ny a pas de Pays auMonde pour les cérémonies extérieures on soit plus poli que dans le Ro-yaume de Juida. U est afièz difficile dexpliquer comment une Nation con-finée dans un si petit elpace de terre, est si différente à cet égard de ses

voi-

(a) Bosman Lett. 18. p. zzL.