Buch 
25 (1765) La suite de l'histoire d'Afrique; des différentes nations des Hottentots, avec la description de leurs côtes et des établissemens des Hollandois parmi eux; celle des royaumes de Benguela, de Congo, d'Angola ...
Seite
343
JPEG-Download
 

OCCIDENTALE DAFRIQUE.- Liv. XX. Chai>. XI\L- 343

voisins ,-avec \efquels elle est continuellement en" commerce (H. On seroit Section-porté à croire que cet heureux peuple a un terroir , un climat & un naturel (leparticuliers qui diffèrent, à tous égards de ceux qui ne font qúa quelques /f côte^milles de lui (*). Les habitans de Juida font généralement grands , bien des lifcla*faits & robustes. Leur couleur nest pas dun noir de jaiet si luisant que ce- ves; Unlui des Negres de la Côte d'or, & lest encore moins que de ceux duSéné- t/s-gai & de la riviere de Gambie, mais ils font plus industrieux & plus la- uua * .. .borieux. La pareffe est le vice favori des Negres en général, mais ceux de si-da, tant hommes que femmes, font si attachés au travail, que lorsquils ontentrepris quelque chose, ils ne fe donnent point de repos quils if en soientvenus à- bout, & ils ont la même persévérance en tout ce quils font (L).

Outre f Agriculture, dont il nyaque le Roi & quelques Grands dexempts, Occupa *ils soccupent à filer du coton, à fabriquer des étoffes- faire de beaux ha-.bits au métier, à faire des calebasses, des vaisseaux de bois, des affagaves,des ouvrages de fer, & dautres choses, & ils font tout cela beaucoup plusparfaitement -que tons les autres Negres de la côte. Pendant que les hom-mes font ainsi occupés à travailler, les femmes ne font pas oisives; ellesbrassent de la biere, & préparent des viandes quelles vont vendre au mar-ché avec les ouvrages de leurs maris: ainsi ils travaillent à ienvi pour ga-gner de largent; aussi vivent - ils dans labondance, &même splendidement,,en comparaison des autres Negres de Ja côte. Ils travaillent à bon mar-ché', & le profit ne vient que de la diligence infatigable defouvrier, unporteur avec un poids de cent livres fur la tête court tout un jour.

Quelques Voyageurs nont pas eu tort de comparer les maniérés de ce n nf L m*Peuple à celles des Chinois. On y trouve la même industrie laborieuse, les -Ment amêmes civilités cérémonieuses, la même tendresse jalouse pour leurs fem- c i uel ^ esmes,les mêmes ruses pour' tromper dans le commerce (f)., &Ia même poli- j^chissteffe extérieure pour les Etrangers. Quand ils rencontreroient un Européen nois.vingt fois dans un jour , les cérémonies fe réitèrent chaque fois , & ilssexposeraient à des peines sils y manquoient. Le dernier Roi de Juida por-toit la-considération pour les François si loin, quun de ses principaux Of-ficiers eut la tête coupée, pour avoir levé la main fur un François, fanscependant savoir frappé. Le Directeur fit inutilement les instances - les plus :

(a) Bar bot. (b) Barman, p. 360.

vi*-

(*)' Atkìrss remarque comme une politesse singulière, que les deux sexes sáccrôupis»-ffent pour uriner, & que les femmes ont dioit de faire mettre à lamende un homme qui :ife découvrirait avec indécence pour satisfaire à ses besoins naturels, p. 112.

Ct) Us surpassent peut-être même les Chinois daus le cérémonial des visites, torsquun 1Kegre de Fidà en va visiter un autre qui est dune condition supérieure á la sienne, ilrie manque pas de lui faire demander son heure. Quand il a obtenu audience, il fort de -chez lui accompagné de tous ses domestiques , & de fes instrtimens, sil est dun rang à en 1pouvoir avoir. Toute la troupe marche gravement & en bon ordre, le Maître vient le ;dernier'", porté dans un hamac fur la tête de deux Efclaves. ; 11 met pied à terré à-quel-ques pas de la maison de celui- à qui il va rendre visite, & savance jufquà la premiere 'porté, ou il les trouve domestiques du Maître de la maison.- 11 fait cesser les instrumens,fe prosterne par terre avec tous ses gens;-les domestiqués qui viennent le recevoir en 1 *íont-autant , & il fe fuit bien des cérémonies à qui fe lèvera le premier'(i).-

(ì).-Dis Mtrehcis T, II. p, I8r, Ikz<