OCCIDENTALE D’AFRIQUE. Liv. XX. Chap. XIV. 501
meurtrier se bannisse volontairement, ou se livre à l’escLvage. On a vu Sectionmême des Negres assez vindicatifs pour pouriuivre les objets de leur hai- , VIÍ1 -ne en d’autres Pays, & les acheter des Maîtres auxquels ils s’étoientengagés, pour assouvir leur vengeance, en les faisant périr de la façon la plus vers g r .cruelle. Ces duels sont néanmoins assez rares; car quoique les Parties soient dres deanimées d’une haine mortelle, le courage leur manque souvent. Les a.mis,P el s omesqui savent que si l’un des deux vient à périr dans le combat, ils se trouve- les ^,
ront nécessairement enveloppés dans la querelle, font aussi tout ce qui dépend d’eux pour prévenir l’effusion du sang. d'Oi&c.
Ceux qui ont violé les ordonnances du Roi doivent payer une certaine - -
amende, ou s’exiler volontairement du Royaume. Un Negre, qui s’est ap-perçu que son voisin s’est rendu coupable de ce crime, dissimule quelquefois,le fait pendant des années entieres, jusqu’à ce qu’ayant reçu quelque inju-re , elle le fait penser à la vengeance. Alors il donne connoiffknce du cri-me au Gouverneur, qui fait battre le tambour , pour avertir les habitansqu’il y a une cause importante à juger. Tout le monde s’assemble dans laPlace publique, les femmes y sont a!lises dans un lieu séparé des hommes.
Le Gouverneur paroi t à la têted’un corps de gens armés; si l’accusé ess pré-sent, il est arrêté sur le champ, & conduit à la maison du Gouverneur,oùil est chargé de chaînes, s’il y a des preuves contre lui; mais si s accusationn’est point prouvée, il est mis seulement sous la garde d’un autre Negre,qui ne le perd pas de vue jusqu’à ce que la sentence soit prononcée. LeGouverneur, après avoir examiné toutes les circonstances avec les Nobles &les Anciens du lieu, envoyé exposer les preuves au prisonnier. Si sa répon-se n’est pas, satisfaisante, il est condamné à l’amende, qu’il doit payer surle champ; s’il est insolvable, il devient esclave du Roi,L il est vendu d’a~bord pour satisfaire à l’amende par le prix de fa liberté (a). Nous avonseu si fréquemment occasion de parler de la punition des crimes, que l'onnous excusera bien d’etre concis fur cet article, pour parler des guerres & ,des armes des Negres.
Nous avons remarqué que les Negres déclarent la guerre par vengeance, Guerre*par ambition, pour s’enrichir, pour aider leurs voisins en qualité d’auxiliai ,Ies N®--res, & ce qui arrive souvent pour tirer des subsides ; en ce dernier cas les grcs *Auxiliaires déclarent la guerre, comme la Partie intéressée. Souvent on en-treprend une guerre pour le recouvrement d’une dette particulière, quand,un débiteur insolvable s’est réfugié dans un autre Pays, qu’un Marchand é~tranger refuse d’acquitter une dette juste, ou qu’il en différé trop le paye-ment. En ce cas là le Créancier fait enlever dans le Pays où son débiteurdemeure, des marchandises & des esclaves , jusqu’à ce qu’il ait dequoi sebien dédommager. Si le débiteur est honnête homme, ìi fait tous ses ef-forts pour satisfaire son créancier, & pour faire mettre les compatriotes en,liberté; & les parons de ceux qu’on a enlevés l’y contraignent, quand ils en-ont le pouvoir. Mais si au contraire il use de représailles, la. querelle de.deux partieufers devient celle de deux Nations, qui vivoient dans la plusparfaite intelligence; il s’allume une cruelle guerre, qui dure jusqu’à ce
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