S 0Z HISTOIRE DES PAYS DE LA COTE
Section qu’un des Partis ait du dessous, ou que les avantages étant égaux ils soientVin. 1 obligés de faire la paix. C’est à quoi les Capitaines font souvent contraintsGouverne- p ar j es soldats, fur-tout dans le teins qu’il faut ensemencer les terres ou faireTrTor-" L récolte, car alors chacun veut fe retirer chez foi pour s’occuper de sesIZ affaires domestiques. Comme les soldats servent sans solde, ils se lassentpersonnes aussi bientôt de la guerre, lorsqu’ils ne font pas autant de butin qu’ils l'a-pannt les voient elpéré.
^ Quand un Roi prend la résolution d’attaquer ses voisins, il fait avertir sesd’Qikc. sujets, par le ministère des Gouverneurs de _s’assembler en armes, au jour L——L dans le lieu qu’il indique. Là il tient conseil avec ses Capitaines & les No-bles; farinée est bientôt prête à marcher, on tombe brusquement dans lePays ennemi, & après avoir remporté quelque avantage, la guerre se dé-clare ; car les Negres ont pour maxime, que porter le premier coup, c’estavoir remporté la victoire à demi. II est vrai que leurs guerres ne coû-tent pas beaucoup, on achette le plus puissant allié pour moins de vingt-mille florins ; & quand il est une fois engagé, il agit souvent avec autantde rigueur que la Partie principale , à moins qu’il n’y ait un Prince politiquequi gouverne.
Manìere Les Negres n’observent ni ordre ni discipline dans leurs combats. Cha-de combat- q Ue chef est au milieu de ses gens, qui forment un gros autour de lui ; ilstre ' attaquent ainsi un autre corps qui fe trouve devant eux dans le même ordre,lis font aussi quelquefois rangés en lignes, mais la lâcheté des uns & l’itn-pétuoíité des autres y met bientôt la confusion. Ils ne se tiennent jamaisdroits en combattant, mais courent tout courbés. afin que les balles leurpassent par dessus la tête. II y en a qui s’avancent en rampant jusqu’à l’en-nemi, font leur décharge, & retournent aussitôt vers leurs gens en courantde toute leur force, & íì vite, dit Barbot, qu’une balle ou une fléché ne peutles atteindre (a) ; & Bosman assure que les gestes, les contorsions, les gri-maces qu’ils font feroient prendre ces actions pour un badinage de singesplutôt que pour une bataille (b). Le butin, qui est le principal objet de laguerre, consiste en prisonniers, & dans les ornemens d’or & de corail dontils font chargés. Quand un Etat maritime est en guerre avec un autre del’intérieur des terres, les soldats peuvent faire un butin considérable,parce-que les Negres de l’intérieur du Pays fe parent de ce qu’ils ont de plus ri-che quand ils vont à la guerre. Les prisonniers du commun, qui ne fontpas en état de payer de rançon, font vendus pour esclaves , mais ceux dedistinction font mis à une grosse rançon. S'ils prennent celui qui est fau-teur de la guerre, ils ne lui rendent presque jamais la liberté, pour quelqueprix que ce soit, de peur qu’il ne recommence la guerre. II reste prison-nier toute sa vie , ou on s’en délivre par la mort. Le Nègre le plus riche& le plus puissant ne peut jamais se vanter de ne pas tomber dans l’efclava-ge, s’il a le malheur d’être fait prisonnier , parcequ’on le met quelquefoisà une si grosse rançon qu’elle surpasse tout ce qu’il possede & ce que stsparens peuvent faire. II s’en trouve qui, désespérant de recevoir jamais la
(a) Barbot , p, 314. Çb) Bosman , Lett. XI. p. 188.