Buch 
33 (1771) L' histoire de la république de Venise
Seite
669
JPEG-Download
 

DE VENISE. Liv. XXIV. Cir. II. 669

Cependant Jérôme Delfino, Provediteur - Général de la Morée, parcou- Sectiohroit les places de son département, & naiant pas encore reçu les secours xm -nécessaires, il pr enoit toutes les mesures possibles contre le danger qui ] e f e

menaçoit. II apprit quon attendoit dans peu íìx mille Janissaires à Thebes,

& que les Turcs regardoient la conquête de la Morée, comme une affaire 1700de peu de jours, à cause du peu de troupes que les Vénitiens avoient dans m'à iance royaume, & du désir que les Grecs du pays avoient de changer de do- I7s °mination, par animosité contre les Latins. Delfino tint à Napoli de Ro- ËmbârnTmanie un Conseil de guerre avec les principaux Officiers, & on résolut, du Couver-quen attendant les secours de Venise, on repartiroit dans les places les lahuit mille hommes quon avoit pour toute ressource ; que les vaissaux & lesgalères se tiendroient dans la partie méridionale, pour entretenir la com-munication avec le Golfe ; quà lapproche des ennemis, on retireroit les gar-nisons & les habitans de Misistra, Calamata, Calawica, Gastani, Arcadie,

Fatras, & quon se borneroit á défendre Corinthe, Napoli de Romanie,

Malvasie, Modon, le château de Morée , & les Forts de Chielafa & deZarmata. Le Provéditeur navoit que huit vaisseaux & onze galères maléquippées, mais il comptoit fur larmement quon préparoit à Venise &sur les promesses du Sénat (a).

En effet on lui envoya des secours à diverses reprises, & on le déclara Forces desCapitaine - Général. II se trouva avoir vingt - deux vaisseaux de ligne, deux v wituns.galéasses, quinze galères, avec un bon nombre de galiotes & de bâtimensde transport ; à quoi il faut ajouter six galères de Malte, quatre du Pape& deux de Toscane. Delfino renforça les garnisons de toutes les places,

& entra avec fa flotte dans le port de Climino, pour être à portée dau-gmenter la défense par tout suivant le besoin (b).

La Flotte Ottomane étoit commandée par Dianun - Cogïa, l'nn des plus Líjíe dtgrands hommes de mer quaient eu les Turcs. Cet Amiral, après avoir re- Ti /-lâché à Négrepont, se présenta le 5 de Juin devant liíle de Tine. II Z nii auxbarqua fans beaucoup dopposition ses troupes, qui marchèrent dabord urc1 'contre le château, que Dianun - Cogia fit sommer , en lui offrant une ca-pitulation honorable. Ce château étoit aflèz fort par fa situation fur unrocher près du rivage, exposé aux vents les plus dangereux. La garnisonétoit suffisante, âc les Insulaires , réfugiés en foule dans le château, nedemandoient quà défendre leur liberté ; mais ils ne purent jamais détermi-ner Bernard Balbi à résister, II jugea faussement que la place ne pourroicsoutenir seffort des grandes forces de lennemi, au lieu de tâcher de ga-gner du tems pour larrivée du secours. II capitula donc à la premiere som-nation, obtint tous les honneurs de la guerre & crut avoir fait un coupdhabile homme. La République perdit par la faute de ce Commandant uneisle, quellepossédoitdepuis plusieurs siécles, & un de ses plus forts avanc-murs. Le Capitan Bacha fit démanteler la place fur le champ, & pour ôteraux habitans toute espérance de rentrer sous lobéissance des Vénitiens, ilfit transporter deux- cens familles fur les côtes dAfrique. La lâcheté de

(6) Le même, p. 291. Voy. la Clef.doCabin. Nov. 1715, p> 254.

PPPP 3

(«) Le même, p. 288-290.