frise di Ga-vi par lesFrançois.
*Ô 4 HISTOIRE DE LA REPUBLIQUE
Sect. X. Le Duc de Savoye vouloir d’abord y marcher touc droit; mais LcsdiguiercsHistoire de. sut d’un autre avis. II trouva qu’il droit trop dangereux de laiiíèr derriere foiGênes de- une pi ace telle que Gavi, capable par fa nombreuse garnison de couper la^usL'en^ retraite à leurs troupes en cas de quelque accident. En conséquence le siège1631. de Gavi sut résolu & formé. La garnison sorte de trois mille hommes eut
--— ordre du Sénat d’évacuer cette ville, & en sortit avec tous les honneurs de h
S -'& U* guerre. La prise de Gavi étoit peu de chose c-ncorc, vu que la ville n'étoitpas sorte par elle-méme ; ce qui avoir déterminé le Sénat a en ordonner l’é-vacuation pour ménager les troupes de l'Etat, déja fort diminuées par tant depertes. Ce qui saifoit la principale force de cette place étoit le château, fortpar fa situation & par íbs ouvrages. Alexandre Julìiniani y commandoit. IIétoit résolu sinon de s’enterrer fous les ruines, au moins, ce qui cil plus beauencore de s’y défendre autant que fa résistance pouvoir être utile h fa patrie.L’artillerie nombreuse des asiìégeans eût bientôt fait brèche; ils préfèrent Jui-tiniani de fe rendre. Ne voulant rien hasarder de son chef dans une circon-stance aussi délicate, où le fort de Gênes dépendoit en quelque façon de laconduite qu’il tiendroit dans cette occasion, il demanda une treve de troisjours pour avoir le teins de demander & de recevoir les ordres du Sénat au su-jet du château de Gavi. II lui marquoit en même tems qu’il étoit en état dese défendre encore douze jours. Le Sénat qui sentant tout le prix dc cetterésistance & toute l’importance de la conservation de ce château, étoit résolude faire marcher des troupes pour le secourir, ordonna expressément au Com-mandant dc tenir tant qu’il pourroit. La ruse des asiìégeans rendit les desseins.des Génois inutiles, ainsi que la prudence & la valeur du Commandant &mit ce château en leur possession fans peine & lans combat. Ils arrêterontl’Envoyé du Sénat au Commandant dc Gavi, supprimèrent Tordre qu’on luidonnoit de fe défendre, & y substituèrent celui de rendre la place fans pertede tems & dc- fe replier fur Gênes avec fr garnison. Le brave & malheureuxjustinien! fut la dupe de cet ordre apocryphe ; il obéit en gémisiànt, il rendit
Siège éfprise du
château par p} ace aux François qui y entreront d’abord triomphants du succès de leur
supercherie,
La mésin-telligence
ruse. justinien! fe rendit aussitôt à Gênes, où à peine fut-il arrivé, qu’il sucbien étonné de fe voir mis en prison pour avoir contrevenu aux ordres précisdu Sénat. II fut même fur le point de perdre la tête, comme un lâche ouun traître; mais il sortit de prison quelque tems après, étant aisément venu àbout de fe justifier du crime qu’on lui imputoit. 11 sit voir clairement qu’ilavoir cté trompé innocemment en croyant faire son devoir, par une iurpriíèdont il ne pouvoir aucunement fe garantir («).
Les différends du Duc & de Lesdiguieres, chose asièz ordinaire, & coih-me inévitable entre deux chefs d’intérêts opposés, rallentirent les progrès des
‘Ile ^lT’d'F c ì Ui " r>'a voient qu’à marcher droit à Gênes, dont ils fe feroient peut-êtrefruieréisáu- emparés, dans le premier moment de consternation où tant de pertes accumu-ye Gênes. ìées plongeoien: cette capitale. Le Duc de Savoye brûloir d’impatience d’enprendre le chemin. Mais le Général François qui contrecarrait ce Prince c-ntout, l'en empêcha & sit rompre fes deílèins; ce qui fut le salut de Gênes,dont la prise paroissoit alors presque inévitable. Le Connétable alléguois pour
ex-
Anecd. Gén. & Corses ann. 1C23, p. 209 & suiv.