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36 (1773) La suite de l'histoire de la république de Gêne, l'histoire de l'isle de Corse, de Bologne, de Parme et de Plaisance, et l'histoire du duché de Milan
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frise di Ga-vi par lesFrançois.

*Ô 4 HISTOIRE DE LA REPUBLIQUE

Sect. X. Le Duc de Savoye vouloir dabord y marcher touc droit; mais LcsdiguiercsHistoire de. sut dun autre avis. II trouva quil droit trop dangereux de laiiíèr derriere foiGênes de- une pi ace telle que Gavi, capable par fa nombreuse garnison de couper la^usL'en^ retraite à leurs troupes en cas de quelque accident. En conséquence le siège1631. de Gavi sut résolu & formé. La garnison sorte de trois mille hommes eut

-- ordre du Sénat dévacuer cette ville, & en sortit avec tous les honneurs de h

S -'& U* guerre. La prise de Gavi étoit peu de chose c-ncorc, vu que la ville n'étoitpas sorte par elle-méme ; ce qui avoir déterminé le Sénat a en ordonner lé-vacuation pour ménager les troupes de l'Etat, déja fort diminuées par tant depertes. Ce qui saifoit la principale force de cette place étoit le château, fortpar fa situation & par íbs ouvrages. Alexandre Julìiniani y commandoit. IIétoit résolu sinon de senterrer fous les ruines, au moins, ce qui cil plus beauencore de sy défendre autant que fa résistance pouvoir être utile h fa patrie.Lartillerie nombreuse des asiìégeans eût bientôt fait brèche; ils préfèrent Jui-tiniani de fe rendre. Ne voulant rien hasarder de son chef dans une circon-stance aussi délicate, le fort de Gênes dépendoit en quelque façon de laconduite quil tiendroit dans cette occasion, il demanda une treve de troisjours pour avoir le teins de demander & de recevoir les ordres du Sénat au su-jet du château de Gavi. II lui marquoit en même tems quil étoit en état dese défendre encore douze jours. Le Sénat qui sentant tout le prix dc cetterésistance & toute limportance de la conservation de ce château, étoit résolude faire marcher des troupes pour le secourir, ordonna expressément au Com-mandant dc tenir tant quil pourroit. La ruse des asiìégeans rendit les desseins.des Génois inutiles, ainsi que la prudence & la valeur du Commandant &mit ce château en leur possession fans peine & lans combat. Ils arrêterontlEnvoyé du Sénat au Commandant dc Gavi, supprimèrent Tordre quon luidonnoit de fe défendre, & y substituèrent celui de rendre la place fans pertede tems & dc- fe replier fur Gênes avec fr garnison. Le brave & malheureuxjustinien! fut la dupe de cet ordre apocryphe ; il obéit en gémisiànt, il rendit

Siège éfprise du

château par p} ace aux François qui y entreront dabord triomphants du succès de leur

supercherie,

La mésin-telligence

ruse. justinien! fe rendit aussitôt à Gênes, à peine fut-il arrivé, quil sucbien étonné de fe voir mis en prison pour avoir contrevenu aux ordres précisdu Sénat. II fut même fur le point de perdre la tête, comme un lâche ouun traître; mais il sortit de prison quelque tems après, étant aisément venu àbout de fe justifier du crime quon lui imputoit. 11 sit voir clairement quilavoir cté trompé innocemment en croyant faire son devoir, par une iurpriíèdont il ne pouvoir aucunement fe garantir («).

Les différends du Duc & de Lesdiguieres, chose asièz ordinaire, & coih-me inévitable entre deux chefs dintérêts opposés, rallentirent les progrès des

Ile ^lTd'F c ì Ui " r>'a voient quà marcher droit à Gênes, dont ils fe feroient peut-êtrefruieréisáu- emparés, dans le premier moment de consternation tant de pertes accumu-ye Gênes. ìées plongeoien: cette capitale. Le Duc de Savoye brûloir dimpatience denprendre le chemin. Mais le Général François qui contrecarrait ce Prince c-ntout, l'en empêcha & sit rompre fes deílèins; ce qui fut le salut de Gênes,dont la prise paroissoit alors presque inévitable. Le Connétable alléguois pour

ex-

Anecd. Gén. & Corses ann. 1C23, p. 209 & suiv.