DE GÊNES. L iv. XXIV. C h. IV. *65
excuser fa conduite envers le Duc los sujets de plainte que la France avoir g ECT ycontre ce Prince, qui tenoic mal lesengagemens qu’il avoir pris avec elle par Histoire dcle Traité de Suze, ne faisant pas comme il falloir le service de l’artillerie; n’en Gênes da-fourniíTant pas la quantité nécessaire pour entreprendre les sièges, non plus que $ uis j547les vivres & munitions nécessaires pour la subsistance de 1 armée dans ia mar -^'^ tnclje; & fur-tout n'avant pas complctté le nombre de troupes qu’il setoit en- -gagé de mettre fur pied pour cette expédition. En conséquences de ses sujets Sujets d;tic mécontentement, faux ou réels, Lesdiguieres refusa d’aller plus loin avec P íai,ítcson armée jufqu’à ce que le Duc eut satisfait h tous ses engagemens & pourvules magasins de vivres pour trois mois (d). L’inaction de Lesdiguieres & la le Généra?mésintelligence des deux chefs sauvèrent Gênes visiblement. François.
Ce contre-tems inattendu qui arrêtoit le Duc au milieu de ses succès, affli-gea beaucoup ce Prince qui se vit ainsi obligé de rester ìnactif ou d’agir toutseul. Ne voulant pas cependant s’arrêter en si beau chemin, il détacha lePrince de Piémont avec quelques mille hommes pour faire la conquête de lacôte occidentale qui lui avoit été assignée pour fa part de l’Etat de Gênes, parle Traité de Suze. Peut-être avoit-il pour but de se venger du Connétable Ôcdes François en s'emparant tout seul de cet Etat & en faisant voir qu’il n’a-voit pas besoin du secours de ses alliés. En outre il avoit en vue de chasser Progrès dules troupes Génoises de la principauté d’Oneille à lui appartenante, où elles deétoient entrées pour faire diversion, & s’étoicnt emparées de quelques places. du
Le Prince sse Piémont parvint fans obstacle jusqu’aux frontières de cette prin-cipauté, où il se rendit maîtresse Piéve, ville considérable de la dépendancede Gênes, mais mal fortifiée. Jérôme Doria s’y étoit jeté avec mille hommesde troupes réglées & quinze cens de milice ; moins dans i’espeir de s’y défen-dre long-tems que dans la vue d’arrêter un instant les progrès des Piémontois.
II se vit bientôt obligé de capituler ; & même un mal-entendu sut cause queles afflégeans s’cmparerent de la place avant que la capitulation eût été dresséedans les réglés ; ce qui occasionna le massacre de près de deux cens hommesde la garnison & la prise des autres qui se rendirent prisonniers de guerre : Jé- p r ;jy á > trôme Doria fut du nombre. La prise de Piéve fut suivie de celle de presque Piéve £ 3 »toutes les autres places de la côte occidentale; Albenga, Oneille, Port Mau- Vautresrkte, Snn-Rcmo, Vintimille & autres moins importantes se rendirent toutes P íacis 'fans résistance aux Piémontois. II ne leur restoit plus que Savone à soumet-tre sur cette côte (b'). Dans le même teins le Duc de Savoye se disposoit àmarcher vers Gênes & faisoit tous les préparatifs nécessaires pour entreprendrele siège de cette ville. Plusieurs autres Puissances armoient tant en Italiequ’ailleurs, probablement dans le dessein de seconder les François contre FEf-pagne & Gênes, ou de profiter des malheurs de cette République pour en-vahir & démembrer son Etat. Tout redoubloit les justes alarmes des Génois. AlarmaIls craignoient pour la Corse, pour Sarzane & Sarzanello que le Grand-Duc des Génois -de Toscane fembloit menacer en vertu des anciennes prétentions de la Répu-blique de Florence fur ces deux places. Ils étoient dans la plus triste situa- âà.
(a) Hist. des Révol. de Gènes p. 220— (L) Hiss. de Gènes par !e Chev. (Jç M,
222. Introd. á l’Hist. Univers. Tom. II. Tom. III. Liv. Xlil. p. 71—lJv. II. Chap. VI. p. 477.
Tom XXXVI, (I)