PÉRIODE IV
1074 — i3oo.
Nouvellepuissance <lcspapes, depuisGrégoire VU.
Une nouvelle puissance s’élève sur les ruines îlel’empire d’Allemagne , celle des pontifes romains. Elleembrasse, à la fois, et le spirituel et le temporel, etétend son influence sur tous les états de la communionromaine.
Cette monarchie , dont l’industrieux mécanisme faitencore aujourd’hui l’admiration des plus habiles poli-tiques, fut l’ouvrage du pape Grégoire VII , hommené pour les grandes entreprises, aussi distingué par songénie , qui l’élevoit au-dessus de son siècle, que parl’austérité de scs moeurs et par une ambition qui neconnoissoit point de bornes.
Indigné de la dépravation de son siècle, qui étoitplongé dans l’ignorance et dans les vices, et d’une immo-ralité qui s’étendoit sur toutes les classes de la société,sur les laïcs aussi bien que sur les ecclésiastiques,Grégoire VII résolut d’être le réformateur des mœurset le restaurateur de la religion. Pour réussir dans ceprojet il falloit remplacer le gouvernement des rois quia voit perdu tous ses ressorts, par une nouvelle autoritédont le joug salutaire, imposé aux grands de la terre,comme au peuple , rendît la force aux lois, réprimâtles vices par le frein, et imposât à tous par la saintetéde son origine. Cette autorité fut la puissance spiri-tuelle dont Grégoire fut le créateur.
Fils d’un charpentier deSoane en Toscane , nomméBonizone , ou , selon d’autres, issu d’une famille ro-
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