Band 
Tome second.
Seite
65
JPEG-Download
 

i643 — i^io. 33

\)\\Y le pouvoir abusif et tyrannique qu’ils «voientusurpé ; et; qui servit à augmenter l’animosité <le cesOrdres contre celui delà noblesse, fut l’obstination desnobles à vouloir soutenir leurs privilèges et leurs exemp-tions des charges au préjudice des ordres inférieurs. Ils’agissoit de trouver un impôt dont le produit fût cm-ployé aux besoins les plus pressens de l’état. La no-blesse proposa un droit sur les consommations; maiselle prétendit n’y être assujettie que sous des restric-tions qui ne pouvoient que choquer les deux autresordres. Ceux-ci, pour eu témoigner leur mécontente-ment, proposèrent de donner à ferme, aux plus offraus,les fiefs de la couronne dont la noblesse jouissoit sousdes redevances extrêmement modiques. Cette proposi-tion aigrit beaucoup l’ordre de la noblesse, qui la rc-gardoit comme portant atteinte à scs droits et à scs pro-priétés; il persista à vouloir qu’on s’en tint à la taxe surles consommations telle qu’il l’avoit proposée. Des ex-pressions peu mesurées qui échappèrent à quelquesmembres de la noblesse, achevèrent de soulever lesesprits, et firent naître l’idée aux deux chefs de l’ordredu clergé et de la bourgeoisie, à Suanc, évêque deSélande, et à Nansen bourgmestre de Copenhague ,de projeter une déclaration dont l’objet étoit de rendrela couronne héréditaire pour la descendance mâle etféminine de Frédéric III. Il ne leur fut pas difficile defaire goûter ce projet à leurs ordres respectifs qui seIlatioient de trouver dans la monarchie héréditaire uneégalité qui leur étoit refusée dans l’aristocratie desnobles. L’acte de cette déclaration ayant été approuvéet signé par les deux ordres, fut présenté, en leur nom,au sénat qui, l’ayant rejeté sur le motif que les Etats-Généraux , actuellement assemblés, n’avoient pas ledroit de délibérer sur cette proposition, le clergé et labourgeoisie, sans en être déconcertés, allèrent en m orinb. 1GG0corps , porter au roi l’acte qui lui offroit l’hérédité de.de la couronne. Les nobles ayant fait mine de vouloirquitter la ville pour rompre la diète, on eut soin deleur en fermer les portes. Il ne resta alors d’autre parti

U. 5