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Tome second.
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Dispositionsde la France et de l'Espagne ,

96 PÉRIODE VIII.

par la voie des négociations , tout ce qui pouvoit.

exciter une nouvelle guerre générale.

La bonne intelligence qui subsista entre la France et la Grande-Bretagne sous le règne de Georges I , etau commencement de celui de Georges II , son succes-seur , en un mot sous le ministère de' Robert Walpole ,fut l’effet des intérêts momentanés qui fixoient l’atten-tion des deux cours. dont l’une craignoit le prétendant,et l’autre étoit alarmée des projets ambitieux de cellede Madrid .

Le duc d’Orléans, régent en France pendant la mi-norité de Louis XY, ne cherchoit qu’à maintenir lapaix et l’ordre politique que les derniers traités avaientintroduits, dans l’intention où il étoit de remédier audésordre des fiuances que Louis XIV avoit laissées dansun état déplorable^. Le roi d’Espagne , au contraire,qui désiroit de faire revivre ses droits à la couronne deFrance qu’il avoit abandonnés, accueillit les projetstéméraires du cardinal Albéroni, son premier mi-nistre 1 2 , tendant à renouveler la guerre, à reconqué-rir les pays que la paix d’IJtrecht avoit démembrés dela monarchie espagnole , à dépouiller le duc d’Orléans de la régence pour en revêtir îe roi d’Espagne , et à ré-tablir le prétendant, fils de Jacques 11, sur le trône dela Grande-Bretagne.

1 Parmi les moyens dont le régent lit usage pour amortir les drt-tes de l’état qui se montoient à trois milliards , on remarque le fa-meux système de Pécossois Law et l’étahÜsseraeut d’une banquequi, après avoir eu le plus grand succès, échoua complètement,et causa la ruine d’une foule de familles. Voyez les Mémoires de larégence du duc d'Orléans , et Steytarts , Recherches des prin-cipes de Véconomie politique.

2 Albéroni , homme d’un génie vaste et entreprenant, n’éloitd’abord que simple cure d’un village près de Parme . 11 s’insinuaauprès du duc de Vendôme , pendant que ce prince commandoitl’armée françoise en Italie. Le duc l’emmena avec lui en Espagne ,ou d le recommanda à la princesse des Ursitis qui étoit alors toute-puissante à la cour de Philippe V. On prétend que ce fut Albéroni qui suggéra Pidée du second mariage que Philippe contracta, en1714, avec la princesse de Parme , et qui fut 6 iiivi de la chute dela princesse des Ursins et de l’élévation d*Albéroni au rang de car-dinal et de premier ministre. (Voir les Mémoires de Saint-Simon ,nouv. édition , 6 vol. in-8. Paris , 1818.)