l38 PKK IODE VIII.
en France à relever la marine que la dernière guerreavoit détruite, fixoit l’attention de la Grande-Bretagne,qui, aspirant à l’empire absolu des mers, sentoit quela France seule pouvoit mettre un-frein à ses projets
ambitieux.
Plusieurs différends que la paix d’Aix-la-Chapelle avoit laissés indécis , subsistoient entre les deux nationsrelativement à leurs possessions en Amérique . Lesprincipaux regardoient les limites de l’Acadie , cellesdu Canada et les îles neutres. L’Acadie , province del’Amérique septentrionale, connue aujourd’hui sous lenom de Nouvelle-Ecosse , avoit été cédée à l’Angleterrepar l’article 12 du traité d’Utrecht , d’après ses an-ciennes limites. Les François resserroient ces limitesdans les bernes mômes de la péninsule dont est forméela Nouvelle-Ecosse , au lieu que les Anglois préten-doient les étendre jusqu’au bord méridional du fleuveSaint-Laurent , où les François exercoient la naviga-lion exclusive.
Les limites du Canada u’étoient pas mieux définiesque celles de l’Acadie . Les François , dans la vue de seménager une communication entre le Canada et laLouisiane , avoient fait construire plusieurs forts le longdu fleuve Ohio, sur le dos des colonies angloises del’Amérique . L’Angleterre s’y opposa ; elle craignoitque ces établissemens ne compromissent la sûreté deses colonies, et particulièrement celle de la Virginie,
Les îles neutres, savoir les Caraïbes qui compre-noient Sainte-Lucie, la Dominique , Saint-Vincent etTabago , étoient restées en contestation et dans l’étatde Yuti-possidetis , d’après l’article 9 du traité d’Aix-la-Chapelle . Cependant les François se permirent desactes de possession, par lesquels ils prétendoient s’ap-proprier ces îles, de môme que les Caïques et les îlesturques.
^Guerre entre ces On nomma de part et d’autre des commissaires pour
,« 3 eux puissances, terminer ces différends à l'amiable. Ils ouvrirent à Paris des conférences qui commencèrent à là fin de septembrei 700 , et furent continuées pendant plusieurs années