l 46 PÉRIODE VIII.
L’île de Cuba , avec la Havane, est rendue au roîd’Espagne, qui cède à l’Angleterre la Floride avec lefort Saint-Augustin et la baie de Pensacola *.
Le roi de Portugal est rétabli dans l’état où il étoitavant la guerre. La colonie du Saint-Sacrement enAmérique, dont les Espagnols s’étoient emparés pen-dant la guerre , lui est rendue i 2 3 .
Grandeur La paix de Paris , dont nous venons de parler, estde l’Angleterre. l’époque où l’Angleterre se trouva au faîte de la gran-deur. Sa navigation et son commerce étendus danstoutes les parties du globe, étaient soutenus par desforces navales d’autant plus imposantes qu’elles n’é-toient plus balancées par la marine françoise, que laguerre précédente avoit détruite. Des territoires im-menses que cette paix lui abandonnoit, tant en Amé-rique qu’en Afrique , ouvraient de nouvelles sources àson industrie ; et, ce qui mérite surtout d’être remar-qué , elle acquit encore, dans le même temps, de vasteset importantes possessions dans les Indes orientales.[Toutefois son influence sur la politique du continenteuropéen diminua plutôt qu’elle n’augmenta depuis lapaix de Paris jusqu’à la fin de cette période. Frédé-ric II , son allié, ayant été abandonné par le cabinetde Londres, se tourna vers la Russie , et s’allia inti-
i La France , pour dédommager l’Espagne de In perle de la Flo-ride, lui céda la colonie de la Nouvelle-Orléans avec la Louisiane ,en vertu d’une convention secrète, q«i lut arrêtée entre les deux
cours le 3 novembre 1762, le jour même de la signature du traitédes préliminaires de Fontainebleau, qui abandonnoit la Floride àF Angleterre.
3 De nouveaux différends s’étant élevés entre l’Espagne et le Por-tugal au Brésil , et y ayant occasioné des hostilités, un traité depréliminaires, arrêté à Saînt -lldefonse le 1er octobre 1777, et con-verti en traité de paix définitif le 24 mars 1778, accommoda ces dif-férends , et régla définitivement les limites entre les deux nationsen Amérique . En vertu de ces traités, la colonie du Saint - Sacre-ment , de même que l’île de Saint-Gabriel et toute lajive septen-trionale de la rivière de la Plata, furent cédées à Pbspagne , quicéda à son tour au Portugal l’embouchure du grand fleuve de Saint-Pierre , avec les deux bords de ce fleuve et l’entrée du marais dePatos , et lui fit, en outre, la restitution de l’île de Sainte-Cathe-rine. Voyez Martens , t. I, p. 634 , et le Voyage du duc du Cha-* te lit en Portugal , au t. II, p. i 5 ü.