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Les Turcs firent de grands préparatifs de guerre, eton s’attendoit à une nouvelle rupture entre les deuxempires, lorsque, parl’entremisede M. deSaint-Priest,ambassadeur de France à la Porte, le divan consentita un accommodement qui fut signé à Constantinople ,sous le nom de convention explicative. L’indépen-dance de la Crimée et la souveraineté du khan Sahin-fiuéraï y furent reconnues et confirmées de nouveau.La Russie et la Porte s’engagèrent à retirer leurstroupes de cette presqu’île , ainsi que de l’île de T a-man. La Porte promit surtout de ne jamais alléguer leprétexte du lien spirituel, pour se mêler du pouvoircivil et politique des khans. Le libre passage de la merNoire'dans la mer Blanche et de celle-ci dans la merNoire fut assuré de la manière la plus expresse, àtous les vaisseaux russes qui seroient de la forme, dela mesure et de la grandeur des vaisseaux des autresnations qui trafiquent dans les ports de la Turquie 1 .
Cette convention ne rétablit que foiblement la bonneintelligence entre les deux empires. Les troubles de laCrimée ne tardèrent pas à renaître. Le khan Sahin-Guéraï fut chassé de nouveau par le parti dévoué à laPorte. Aussitôt une armée russe rentra dans cette pres-
3 u’île et y ramena le khan fugitif, tandis qu’une flottee cette nation, sortie du port d’Azow, coupoit auxmécontcns toute communication avec la ville de Cons-tantinople ,
Ce fut dans ces circonstances que l’impératrice Ca-therine Il crut que le moment étoit arrivé de mettrela Crimée au nombre de ses provinces. Elle fit occuper,par ses troupes, cette presqu’île, de même que tout leKouban , et chassa les Turcs de l’île de Taman dont ilss’étoient rendus maîtres dans l’intention de s’ouvrirUne communication avec les Tatars. Enfin , cette prin-cesse exposa dans un manifeste les motifs qui l’obli-geoient de réunir à son empire la Crimée , de même
21 mars 1779.
1782.
8 avril 1783.
1 Marteîïs, t. JJ] , p. 349.
1 V«yez, Campagnes de Souwaroiu ; 1. I } p. 15 g.