Offense faiteà la princessed’ûrange.
28 juin 1787.
210 PÉRIODE V1IT.
Elle fut sans effet ; l’animosité ne fit croître, et 1eparti patriotique se porta même à toutes sortes de vio-lences- Il destitua par la force les magistrats des villesprincipales, et les remplaça par ses adhérons; ce quimit le parti aristocratique dans la nécessité de se coa-liser avec les stadhoudériens , afin de contenir la fouguedu parti républicain. La guerre civile sembloit inévi-table.
Ce fut dans ces circonstances que la princesse d’O-range, épouse du stadhouder, prit la résolution de serendre en personne à La Haye , dans le dessein, commeelle assuroit, d’y travailler au rétablissement de la paix.Elle fut arrêtée dans sa route par un détachement ducorps franc de Gouda , et conduite à Schcenhoverx ,d’où elle se vit forcée de retourner à Nimègue , sansavoir pu remplir l’objet de son voyage.
Le roi de Prusse demanda satisfaction de l’outragefait à sa sœur 1 . Les Etats d’Hollande ne s’étant pasempressés de la donner dans les termes que le roi l’exi-geoit, ce prince fit entrer un corps de vingt millehommes dans la Hollande, sous le commandement dudue de Brunswick, qui, dans l’espace d’un mois, serendit maître de tout le pays, et obligea aussi la villed’Amsterdam de se soumettre. Toutes les résolutionsantérieures qui a voient été prises pour limiter le pou-voir du stadhouder, furent alors annulées , et le princefut rétabli dans toute la plénitude de ses droits.f Quoique la durée de l’alliance entre la France et larépublique fût évidemment liée à la cause des patriotes,néanmoins cette cour ne fit aucune démarche poursoutenir ce parti, ni pour s’opposer à l’invasion destroupes prussiennes. Elle eut même la foiblesse de seconcerter avec la cour de Londres pour un désarme-ment réciproque, en déclarant qu’elle ne conservoitaucune vue hostile relativement à ce qui s’étoit passéen Hollande 2 . La politique des Etats-Généraux éprouva
1 Recueil de Herzberg , t. II, p. 427 et 42g.
s Herzberg , t. II, p. 458. Mon Recueil des traités, tom. H >p. 4g8.