1789 — i 8 i 5 . 227
nistration qui prévalut sous le règue de Louis XV ,aux opinions nouvelles, religieuses et politiques, quiprirent faveur depuis le milieu du dix-huitième siècle.
Les causes immédiates qui amenèrent ce bouleverse-ment , furent la faute commise par Louis XVI , desoutenir les Américains insurgés contre leur souverainlégitime, et d’envoyer à leur secours la jeune noblessede son royaume, qui, au milieu de ce peuple, se fami-liarisa avec les principes d’indépendance et de liberté ;le déficit que la guerre d’Amérique fit naître dans lesfinances du royaume, et l’impéritie des ministres ,dont l’un, M. Neeker, ne connoissoit d’autre moyende le couvrir que d’augmenter la dette de l’Etat par desemprunts masqués ; l’autre, M. de Galonné, que d’ap-peler les notables du royaume pour faire voter par février 1787.eux les nouvelles impositions qu’on ne pouvôit espérerde faire enregistrer par le Parlement de Paris . Sonsuccesseur , le cardinal de Brienne, essaya en vain derompre, par des actes de vigueur , la résistance duParlement. Par une protestation solennelle, cetle 3 mai 1788.compagnie déclara qu’aux Etats-Généraux seuls nppar-tenoit le droit d’accorder des subsides. Cédant à
l’opinion publique, trop fortement prononcée, Louis 8 août.XVI promit de convoquer les députés de la nation.
Une seconde assemblée de notables , réunie à Ver-
sailles, délibéi’a sur la foi'me à donner aux Etats. 6 nov.
M. Neeker rappelé au ministèi’e, conseilla au roi de i 4 sept.préférer l'avis de la minorité , qui avoit proposé unedouble i-eprésentation du Tiers-Etat. Ce conseil impru-dent fut suivi.
Les Etats-Généraux furent convoqués pour le 37 i 4 janv. 1787.avril 1789, à Versailles , au nombre de 1200 députés,dont 600 de Tiei's-Etat, 5 oo de la noblesse et 3 oo duclex’gé. Ces individus se composoicnt de l’élite de lanation ; mais une grande partie des députés nommésmanquoit de toute expérience des affaires ; un plusgrand nombre étoit imbu des principes nouveaux : lamajorité se proposa de régénérer la monarchie d’aprèsdes idées spéculatives 5 quelques-uns espéi'oient bien