HISTOIRE DES ESPAGNOLS. Lxv, IV. Cri. M.
soutenu de si longues & de fi terribles guerres, surtout immédiatement au- Sectì-H.
E aravant, contre les Carthaginois , qu’ils auroient dû naturellement être Région,ors d'état de faire la moindre résistance; & cependant ils se défendirent Loix ' ^près de 200 ans, avant que d’être entièrement subjugués. Encore mêmene furent-ils pas alors entièrement, domtés, puisqu’i! fallut tenir constam- & c . desment sur pied des Armées nombreuses, destinées à les tenir en bride, & anciensEs-desarmer des Provinces entière». Cette.dernière précaution fut trouvée fi p - asnols -,cruelle, par les Espagnols, que plusieurs .milliers d’entr’eux se donnèrent la*mort; tant cette Nation guerrière, dit Tite Live, trouvoit de honte à vivre sansarmes (a): & véritablement, ce que Valerìus Maximus dit des Celtibériens,ou Espagnols , convenoit à tous les descendans des Celtes , que rien ne leurparoissoit plus glorieux que de mourir l’épée à la main pour la défense deleur Liberté. Nous verrons plusieurs traits de cette disposition dans lesChapitres luivans. De l’aveu même de quelques Historiens Romains , lesvictoires, que Rome remporta fur les Espagnols, lui coûtèrent souvent sicher , qu’il auroit été avantageux au Vainqueur de n’avoir point livré debataille (b). Nous avons cru devoir par cet aveu rendre justice à un Peu-ple valeureux, que bien des Auteurs modernes affectent de traiter avecle même mépris que ce Peuple essuya de ‘la part des injustes Romains .
Nous terminerons cet article par une judicieuse remarque, qui a été faiteil y a longtems au sujet de cette conquête de Y Espagne, que quoique lesHéros Romains ayent été charmés de se parer des titres à’Asiatique, d 'A-fricain, de Macèdonique, &c. aucun d’eux, pas même Auguste, que Ttte-Live représente comme ayant achevé cette longue & glorieuse entreprise,ni aucun de ses successeurs, ne prit jamais le surnom d 'Hispanique ou d’i-bèrìque. Qj Cœcil. Metellus^ fut le seul qui aspira au titre de Celtibérique ;mais il ne put l’obtenir. N’a-t-on pas lieu d’inférer clairement de-Ià , queles Romains, instruits de tout le sang, & des trésors immenses que leuravoit conté la conquête de Y Espagne , trouvèrent que ceux qui avoient an-nexé ce Royaume à la République, ne méritoient aucun titre d’honneur,ayant fait, à tout prendre, plus de mal que de bien à leur Patrie ? Au*reste, les Espagnols n’auroient jamais eu le malheur d’être subjugués, s’ilsavoient sçu réunir leurs forces ; mais leurs divisions les affoiblirent, &furent la vraye cause de leur ruine.
Nous ignorons en quel tems les Espagnols commencèrent à cultiver les Aru 6 ?Arts & les Sciences. II y étoient fort propres, au-moins à en juger par Scieuces -le grand nombre d’excellens hommes que Y Espagne a produits, & dontnous nous contenterons de nommer trois des plus illustres ; sçavoir, le fameuxPhilosophe Stoïcien Senéque , qui étoit natif de Corduba ; l’immortel Quinti -Hen ; & le grand Cosmographe Pomponius Mêla , tant de fois cité dans lecours de cet Ouvrage: & quoique d’antres Peuples Européens, comme lesGaulois, les Germains , & autres, bien loin de faire de grands progrès dansles Arts, ayent paru les mépriser, comme nuisibles à la valeur, nous de-vons
(«) De Bell. Mac. L. IV. (-) L. Flor, Lib. II.
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