2i2 HISTOIRE VES ESPAGNOLS.
r SecT.H.vons porter un autre jugement des Espagnols, dont le Pays, admirabíè-Reiigìon ,ment bien situé pour le Commerce, fut habité outre cela par pluíìeursLux . Cm- p eU p] es différens, la plupart très-habiles. Nous ne dirons rien ici des^Sciences Manufactures par lesquelles ils se sont rendus fameux pendant quelquesfcfr. des siécles, au bout desquels ils retombèrent dans leur orgueilleuse indolence,ancims Es- dont ils ne font sortis de-nouveau qu’en dernier lieu. Mais relativementpagnols. à leurs Manufactures anciennes, il faut nécessairement qu’ils en ayent eu," ' puifqu’ils ont fait tête à tant d’Ennemis différens, qui sont venus attaquer
leur Pays. Les Sciences & les Arts Libéraux, si nous en croyons Strabon ,ont fleuri de très-bonne heure- chez eux (a) ; car cet Auteur nous apprend,que les Turdetani, Peuple de la Bœtique, possédoient un nombre prodi-gieux de Volumes, & de Corps de Loix écrits en vers, & d’autres Piè-ces de Poëfie, dont l’antiquité étoit d’environ Cooo ans. Ce dernier trait,quoique fort exagéré, prouve au-moins que les Espagnols fe piquoientd’avoir eu des cùnnoissances de très-bonne heure ; & c'efl ce qui est con-firmé d’ailíeurs par plusieurs anciens Ecrivains, particulièrement par ceux•de leur propre Nation (b) , mais plus clairement parce que Pline dit (r)d’un Espagnol, nommé Lartius Licinius , qui donna une somme immense *pour un Livre des Commentaires de Pline ILLear Lan- Nous osons affirmer que le Langage primitif des Espagnols z été l'ancien-çagelemê*-^ Langue Celtique, dont nous avons donné quelque idée dans un des Vo«Tui desCû- ffilnes précédens (d),& dont nous aurons encore occasion de parler dans leles. Chapitre suivant ; car, soie que nous embrassions le sentiment commun quiveut que Tuba! vint en Espagne par Mer & peupla cette Contrée, ou,ce qui nous paroît plus vraisemblable, que les Celtes, ou defeendans deN Corner son frere aine, peuplèrent ce Royaume par des transmigrations suc-
cessives, la chose reviendra au même; par rapport à l’article en questionparce que, suivant la première hypothèse, Tuba! & Gomer s’étant misen chemin peu de tems après le Déluge, leur Langage doit avoir été lemême ; c’est-à-dire, que les Tubalkns, ou, comme d’autres les appel-lent , les Cètubales, & les Gomériens , doivent avoir transporté leur Langa-ge dans les Pays où ils Rétablirent; avec cette différence seulement, queìa Langue qu’ils parloient, doit avoir été plus pure que celle de leurs des-cendant. C’est tout ce que nous dirons fur ce sujet, ne voulant point don-ner dans d’inutiles répétitions (e). Comme le récit de Bèrose touchant l’o-riginedes Espagnols est rejetté à-présent par la plupart des Sçavans, (ex-cepté les Espagnols, qui sont très-prévenus pour l’antiquité de leur Na-tion ) nous osons assurer que l ’Espagne a d’abord été peuplée par les Celtes ,ou defeendans de Gomer . Et ce qui confirme cette hypothèse, est que
leur
(a) Lib. III. ( f ) Epist. Lib. III.
(b) Pomp. Me!. Sit. Ital. Cotumel. Mar- (d) Hîc íupr. Tom. IV. 122, &c..
liai. Luean. & »>- ?>ur. U) Hîc fupr. Tom. I. p. 269, &c.
* L’Auteur fait monter cette femme à 40000 nummi, ce qui, suivant le calcul de sœsçavant Commentateur, peut aller à 10000 écus d’or.