LZ 6 HISTOIRE DES GAULOIS.
Sf.cT; i. en aut ânc de termes (a), & parlent de ces habitans comme ayant Ja mêmetks s Gau- origine que ceux qui peuplèrent tant d’autres Contrées de Y Europe, les dé-lois, U fig nant tous par le nom commun de Celtes , & de Gaulois , & quelquefoisétendue de par le nom plus ancien encore de Cymtnériens ou Cymbriens (-). Et, 1 e-hur Pays. condement, par les monumens qu’ils ont laissés dans presque chaque Pro-" vince de ce Pays, dont les Rivières, les Villes, les Montagnes, &c. ont
manifestement des noms Celtiques.
En Italie. On ne sçauroit guéres supposer qu’ils ayent attendu long-tems à pénétrerdans Y Italie , dont ils ont peut-être été les premiers habitans (c). CetteContrée étoic trop fertile & trop belle, pour ne pas attirer un Peupleguerrier & nombreux, quand même elle auroit été peuplée auparavant,*mais nous croyons avoir démontré, qu’il est au-moins probable qu’ils arri-vèrent en Italie avant tout autre Peuple ; car si les Humbri ou Urnbri étoient,comme plusieurs Auteurs le prétendent (d), les Aborigines , ou le plus an-cien Peuple de Y Italie , & qu’ils defcendoient des Celtes *, comme leurnom, & quelques autres particularités semblent le donner à connoître (e ),il sera presque démontré qu’ils doivent s’être rendus maîtres de ce Paysde très-bonne heure, les Hètruriens ayant détruit plusieurs centaines deleurs Villes (/).
Nous aurons bientôt occasion de parler des Germains , & autres Peuplesdu Nord, aussi-bien que des Iles Britanniques , & autres moins considérables,qui ont été toutes découvertes & peuplées par les Gaulois ou Celtes. Pour cequi est des Germains , ils ressembloient si fort aux Celtes , en fait de Lan-gage, de Religion, L de Coutumes, excepté, comme Straben l’obser-ve {g ), qu’ils avoient conservé toute leur ancienne férocité, à quoi laproximité des Scythes & des Sarmates n’avoit pas peu contribué, qu’ilssemblent n’avoir formé avec eux qu’une seule & même Nation ; 6 c c’estde-là, suivant notre Auteur, que leur est venu le nom de Germains f.
Nous
fa) Herodot. L II. e. 33. & L. IV. c. 49. ('0 klor. L. I. c. 17. Plin. Dio Hali-
Ephor. ap. Strab. L. IV. Vid. & Pellou- carn. & al.
tier Hist. des Celt. L. I. c. 4. (e) Comp. Tòm. IV. p. m. avec Tom.
(6) Strab. ubi supr. Sicul. L. V. & al VIII. p. 16.
(c) Hic supr. Tom. IV. p. m, &c. & (/) Tom. IV. ubi supr*
Tom. VIII. p. 6 , Sc. (§) Lib. IV. & Vil.
* Pline dérive leur nom du mot Grec , qui signifie une ondée , â cause qu’ils avoientété chaslés de leur Pays par un Déluge causé par de violentes pluyes (1). Mais cette étymo-logie est trop forcée, à-moins que nous ne supposions qu’ils apportèrent avec eux le souve-nir du bonheur qu’avoient eu leurs ancêtres d’échapper au Déluge universel. En ce casils doivent être arrivés dans ccs Contrées de très-bonne heure. Mais à !'égard du nomA'Umbri ou Humbri, il semble avoir été le même que celui de Grnri & de Cymhri , unpeu altéré & adouci.
f Le mot de Germanus étoit employé .par les Romains , pour distinguer des freres nésd’un même pere & d^une même mere, de ceux qui n’ávoient que l’une ou l’autre moitiéde cette rélation, qu’îls appelloient uteriní ou consanguinei .. L’étyniûlogie elle-même est cer-tainement fausse rélativement aux Germains , mais elle ne laissé pas de prouver la grande affi-nité qu,e cet Auteur établit entre -les Celtes & les Gaulois*.
(1) Hist. Nau L. III. c. 4-