LZZ HISTOIRE DES GAULOIS.
Ssct. I. tre étendus jusque-là par des transmigrations successives, entreprises, tan-"a îôt pour être plus au large, & tantôt par simple curiosité,lois U Quand nous serons parvenus à l’article de leurs Arts, Commerce, &c.étendue de nous prouverons qu’ils commencèrent à naviger, au-moins le long desleur pays. côtes, non seulement des Mers Méditerranée , Atlantique , & autres, mais■' même de l’Océan. Mais, tout bien examiné , il n’y a aucune apparence,
que leur habileté en fait de Navigation les ait amenés dans ces Contrées,aussi vite que les autres ont pu y arriver par terre. Cependant, commequelques anciens Auteurs ont affirmé, que les premiers habitans d’Espagney vinrent par mer, les uns disent d ’Aste , & les autres Afrique , l’opinionla plus raisonnable semble être celle qui suppose qu’ils font venus de césdeux parties du Monde, quoique peut-être assez longtems après que \’Es-pagne eut été découverte & peuplée par ceux qui y arrivèrent par terre,après quelques transmigrations successives. Cette hypothèse fournit l'ex-plication de cette grande variété de Noms, de Dialectes, & de Coutumes,qu’un pareil mélange doit nécessairement avoir produite, aussi-bien quede la perte que les Gaulois firent de tout ce Pays, lorsqu’ils en furent chas-sés en partie, & en partie subjugués, comme nous savons vu dans leChapitre précédent.
Lcsier- Ayant eu le même fort, non seulement en Italie, mais aussi en-deçànés de la des Alpes, où les Provinces de Noricum , d’Helvetia , de Rbœîìa , & toutetrestes cette étendue de Pays qui est entre les Alpes & le Lac de Genève , leur fu-
rent enlevées, comme nous savons vu dans l’Histoire Romaine (a), faContrée, possédée par les Gaulois , ne s’étendit que depuis ce Lac jusqu’auxPyrénées, ayant toujours la Méditerranée au Midi, le Rhin au Nord, & laManche à l’Occident. Telles étoient les limites de la Gaule dans le temsque Jules-César y arriva la première fois, comme nous savons vu dans unautre endroit, où nous avons aussi fait mention de plusieurs autres chan-gemens faits, rélativement à ses bornes, par les Romains en général, &particulièrement par Auguste [b).
fertilité Nous avons décrit son ancien état dans un autre Tome (c ), & avonsde ce Pays. ffiit mention en même tems de la fertilité de ce Pays, & de son antiquité,qui remonte jusqu’au tems de Mercure, lequel, suivant un célébré Auteurmoderne, doit avoir régné dans la Gaule , & avoir étendu le Commercedes Gaulois au point de les rendre un des plus riches Peuples de la Ter-re (d). Ce régne, à-la-vérité, a été traité d’imaginaire par d’autres Au-teurs plus modernes (e) ; mais il ne nous paroît pas qu’il ait été détruit parquelque argument qui lui soit contraire, ou, ce qui revient au même,favorable à f Histoire de Ct estas , que nous croyons, nonobstant l’habiletéde ses Partisans, avoir suffisamment réfutée dans notre Histoire d 'Assy-rie
(а) Hic siipr. Toin. IX. p. 47. (d) Fezron. Antiq. des Celtes, c. 55. Voy.
(б) II,îd. Tom. VIII. p. 9. &c. auffi Tom.. IV. p. 138, & seq.
(c) lbid. Tom. IV. p. 117, &c. (e) Fourmont. Pelloutier Hist. des Celt.
Bedford. Cbronol. & al.