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248 HISTOIRE DES GAULOIS.
Si'ct, II,tìtes branches de Chêne, se voyoient entre les mains des Laïques & de*Religion Druides, toutes les fois que ces derniers pratiquoient quelques CérémoniesIois GaU " Religieuses. Leurs Bosquets de Chênes, à en juger par des monceaux de, pierres qui se trouvent dans quelques-unes de nos Iles, & particulière-
Leurs ment dans celle d ’Anglesey (a ), & qui semblent rangées de façon à fermerBocages sa? p] u (] eurs avenues du Bocage Sacré ; leurs Bosquets, disons-nous, étoient decru. différentes formes. II y en avoit de ronds, d’autres oblongs, & chacun d’eux é *toit plus ou moins grand, suivant que le Canton auquel il appartenait, étoit:plus étendu, ou plus peuplé. Au centre du Bois il y avoit divers pe-tits espaces circulaires, entourés d’arbres plantés fort près Tun de l’autre.Au milieu de chacun de ces espaces étoit une grande pierre, fur laquelle ,comme fur un Autel, on immoloit des victimes, & qui étoit entouréed’une rangée de pierres, dont nous ignorons l’ufage, mais qui pourroientavoir été destinées à tenir le Peuple à une distance convenable de celuiqui officioit. 11 y auroit de la témérité à décider que quelqu’un de ces es-paces circulaires servait à d’autres usages, qu’à des Rites Religieux (b); &véritablement il n’y a aucune apparence que les Druides Teuslent permis.Les endroits où ils administroient la Justice, étoient apparemment aussientourés de Chênes, pour que la vue de ces Arbres Sacrés frappât les Ju-ges d’un sentiment de respect, & fût un préservatif contre les querellesqui auroient pu avoir lieu. Cette conjecture s’accorde asiez bien avec ceque nous avons dit en dernier lieu de leur Culte, d’après Tacite , Pline& Lucain.
Nous marquerons dans la fuite, comment Esus, ou le Dieu Suprêmedes Gaulois , vint à la place à Jupiter , ce qui, suivant Laftance , n’ar-riva point avant le IV. Siécle. Mais par ce que nous avons dit de ceDieu & de son Culte, des Chênes & des Bôcages qui lui étoient con-sacrés , &c. il paroîtra qu’il y a de grands traits de conformité entre laReligion des Gaulois & celle des Juifs. C’est ce qui a donné occasion àCelse d’opposer l’antiquité & la sagesse de la Religion des Druides , & fa
conformité avec la Religion Judaïque , à la nouveauté de l’Evangile (c).
Mais cet argument est très-frivole, puisque la même conformité a lieu àbien d’autres égards, comme on peut le voir dans le sçavant Auteur, déjàcité plus d’une fois (d). Le tout n’est sûrement pas l’Ouvrage du hazard,mais tire son origine de quelque cause générale & commune aux deux Peuples.jffnìté It Les Gaulois avoient un Souverain Pontife, de Tordre des Druides,ivonde/" P° ur lequel les Druides inférieurs, & tout le Peuple témoignoient le plusCëtes, V P r °sond respect. La même chose se trouvoit parmi les Juifs , pour necelle des r i en . dire de Melchisédech , auquel Abraham paya la dîme des dépouilles qu’il
Juifs. avoit obtenues. 2. Les Druides, réunis avec leur Chef, étoient si puis-
J'ans, que quiconque refusoit de se soumettre à leurs décisions, non feule-ment:
(a) Vil. Mona Anti^. p, yi,&scq. Keyz- (c) Orígen. contra Cels.
ler. Ant. Septent. p. 77, & in addend. 00 Relig. des Gaulois, p. 53, &c.
( b ) Idem ibid.