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13 (1752) L' histoire des Turcs, Tartares et Mogols, des Indiens et des Chinois. Dissertations sur la manière dont l'Amérique a été peuplée ...
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HISTOIRE DES GAULOIS. Liv. IV. Cir. XIII. 273

des habits dhommes, de lin, & de drap, &^des toiíòns entières, Jes au- Sect. III.tres des fromages, de la cire, des pains & dautres choses, chacun selon pommentses forces & les facultés. On faifoit conduire en ce lieu des charrettes

chargées de provisions pour trois jours, quon y passoit tout entiers à fairebonne chère: le 4. jour (a ), quand tout le monde étoit fur le point de sen Divinitésretourner, il ne manquoic jamais de sélever un furieux orage, mêlé de ton- in fapuresverres & déclairs, à la lueur desquels il tomboit tant deau & de pierresquon désespéroit de sa vie & de son retour. i u Gaulois.

Nous avons parlé de lufage que les Druides faifoient des eaux du Rhin >>.»>.pour découvrir si une femme avoit été fidèle, & si les enfans quelle avoitdonnés à son mari, étoient réellement de lui. U semble que les Gauloisayent eu beaucoup plus de vénération pour cette Rivière que pour aucuneautre. Les offrandres & les sacrifices quils lui faifoient, étoient d'ungenre particulier ; des Armées entières venoient implorer son secours &lui demander à grands cris la victoire. La feule vue de ce Fleuve, ou dequelqu une de ses eaux, suffisoit pour inspirer du courage à leurs Soldats{b), lis regardoient chaque Rivière, Fontaine, Lac, ou Marais, com-me le séjour de quelque Divinité, à chacune desquelles ils faifoient desoffrandes proportionnées à leurs facultés. Nous aurons occasion dans lafuite dindiquer quelques autres de leurs superstitions : ce que nous venonsde dire suffisant pour montrer avec quelle ardeur ils imitèrent les Grecs <&les Romains , & combien leurs Druides, leurs Bardes, &c. furent à mêmede senrichir à leurs dépens *.

Ce grand nombre de Dieux, ou plutôt de Lacs, de Marais, &c. con-sacrés à ces Dieux, nempêcha pas les Gaulois de leur bâtir des Temples,

L de leur ériger des Autels & des Statues, à la maniéré des Romains : plu-sieurs de ces Temples étoient dune grande beauté, comme il paroît clai-rement par quelques restes de ces édifices, & par dautres monumens dugoût de la Nation; mais ils noffroient communément,dans ces Temples,que des sacrifices danimaux brutes. Les victimes humaines étoient (c)immolées fous les Chênes, fans que nous puissions décider si leur but encela étoit de faire la chose plus fecrettement, de peur dencourir les peinesdécernées par les Edits des Romains, ou bien sils retenoient encore leurancienne notion dun Etre Suprême, auquel ils simaginoient que de pa-reilles victimes appartenoient proprement f. Pour commencer à donner

à

(n) Greg. Tur. Glor. Cons. c. 2. R) ÍUlig. des Gaul. L. I. c. 15.

(Z?) Tacit. Hiít. L. V. c. 18.

* Nous prions nos Lecteurs dobserver ici que la coutume de déifier des Lacs, des Ri-vières, & des Sources, peut avoir tiré son origine de quelques qualités extraordinaires<juon a trouvées à leurs eaux, particulièrement à celles qui avoient quelque propriété mé-dicinale. Les Rivières, quoique cette remarque ne leur soit pas fi applicable, pouvoientexciter leur vénération â cause que leurs eaux coulent toujours fans sépuiser. Les Drui-des qui étoient d'excelìens Philosophes, coinprenoient parfaitement tout ceci, mais avoient

kurs raisons pou r en faire un mylìére au Peuple.

f Le P^m>er de ces sentimens paroît le plus vraisemblable, à cause qu'ils avoient accoa-

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