274 HISTOIRE DES GAULOIS.
Segt. III. à nos Lecteurs quelque idée de ces nouveaux édifices, nous observeronsComment q Ue j es st atu ës de quelques Divinités, comme Pennin , Mercure , Diane , &c.Culude íe dont nous parlerons dans la fuite, étoient placées quelquefois fur un Piédes-fueiques tal qui fervoit d’Autel, & quelquefois fur une Colomne d’une prodigieu-Divinités fe hauteur (a). Ailleurs la Colomne & la Statue étoient à couvert des in-inférieures j ures du tems par le moyen d’un ouvrage de pierres polies, qui s’élevoit’dui int mi en dôme, & formoit un cône.
I« Gaulois. Leurs Temples étoient riches & magnifiques : témoin celui de Clermont
- en Juvergne , qu’on appelloit Vajso: le mur,qui avoit 30 pieds d’épaisseur,
Descrip■ etoit au-dehors revêtu de pierres de taille, & le dedans n’étoit composéà que de petites pierres fort déliées, & par-dessus incrusté de marbre, avecpies! Sm des compartimens de Mosaïque. Le pavé étoic tout de marbre, & le toitcouvert de plomb (b). Un fçavant Antiquaire François fait mention dehuit Temples octogones, & ajoûte que les huit faces font ornées d’unnombre de Divinités Gauloises , généralement au nombre de huit dans cel-les qu’il a observées; ce qui lui a fait soupçonner qu’ìl y avoit dans cettecombinaison de nombre quelque Mystère de Théologie des Gaulois , diffi-cile à pénétrer (c) *. Pour abréger cette Section, nous renvoyons nos Lec-teurs aux deux Ecrivains cités en dernier lieu, & leur donnerons dans laNote suivante t, une description abrégée d’un des plus anciens Temples
des
(a) Greg. de Tur. L. VIII. c. 15. Sulp. (b) Iid. ibid.
Sever. Dial. L. III. c. 9, &c. Guich. Hist. (c) Suplément de 1 ’ A ntiq. Tom. II. Voyi.des-Sçavant. ap. Relíg. des Gaul. ubi íupr. auflï Relig, des Gaul. ubí fupr. c. 16, &c.
tumé auffi d’ûffrìr de pareilles victimes dans des cavernes, des précipices, & autres lieuxdéserts qu’ils choilìiïbient au hazard, & quelquefois auílì par le moyen du fort, ou deleurs Augures. Ces différentes précautions indiquent assez clairement qu’ils cachoient ceshorribles cérémonies aux yeux de tout autre (1) Peuple, & particulièrement des Romains,dont les défenses étoient fl expresses d cet égard.
» L’Auteur de la Religion des Gaulois rejette cependant la conjecture de ce sçavant An-tiquaire, & fait voir (2) que cette figure octogone étoit commune parmi les Romains auílï-bien que parmi les Gaulois ; & que ces derniers avoient des Temples de différentes formes,lts uns ronds, d’autres oblongs, & d’autres décagones, fans y entendre aucune finesse.Ce qu’il y a de certain, c’èst que les Gaulois ne paroissent pas avoir eu ce respect imaginai-re pour le nombre de huit. Si nous en croyons Pline (3), c’étoit plutôt le nombre de six..qu’ils regardoient comme sacré. Ils poussoient même la superstition, pour lui faire hon-neur, jusqu’à renverser Tordre des mois, des années, & des siécles.
f. Le plus remarquable de tous ces Temples octogones est celui de Montmorillon en Foi -tsu, dont nous donnons ici le plan, le profil, la coupe, & les mesures. II jf a Templedessus, & Temple dessous n celui de dessous est plus étroit en dedans, parce que le murest de la moitié plus épais, comme on verra dans le Flan ci-joinf. Le Temple de dessusqui est le plus large, prend son jour par huit fenêtres pratiquées dans huit arcades faites enmode de portail, une à chaque face, mais murées hors celle où est la porte, & celle paroù.l’on va dans une avance hors d’œuvre. Quelques-uns croyent que ces arcades étoientautrefois ouvertes. Le grand trou qui est au milieu de la voûte, comme â la Rotonde deRome-, donne aussi quelque jour au Temple, mais non pas beaucoup, parce qu’il y descendpar un tuy3U r de grandeur toujours égale,, long de quatre toises. L’eau qui tombe parce
tuyau»
( r) ïîurclfard; Pecrct. D. X. c. 10 Kfyzlerv Antiqi (z) Ibid: c. 15;
KytiLMr. apud Relig. des Gaul, L. I. c. i s. adfia. (3 J Idem L, XVI, c. +#♦