DE MALTHE. Lir. XXI. Chap. VII,
quer le lendemain, mais de peur de surprise on fit rentrer le soir Ieí trou- Sectionpes dans les Vaisseaux. Les Infidèles, croyant qu’on avoir découvert HLl’embufcade qu’ils avoient mise derriere la montagne dans un Bois, íor-3' 1 "^tirent au nombre de plus de trente-mille hommes , l’épée à la main ; p u [ s f‘„ e 'ce qui sauva les Chrétiens, qui auroient tous été taillés en pieces (a). EtabUfs-
Le Grand-Maître & le Maréchal voyant les côtes fi tien gardées, & ment damque la saison s’avançoit, se séparèrent. Boucicault prit le chemin de Fama l ^ e f egouste, & le Grand-Maître s’en retourna à Rhodes. Le Maréchal, avant esque de prendre ensuite la route de Genes, aborda dans rifle de Rhodes,. .apour remercier le Grand-Maître de ses bons offices dans l’affaire de Chypre. Retour SuDe Naillac le traita magnifiquement, & fournit abondamment fa Flotte devivres & de rafraîchissemens. Avant son départ, il lui fit voir les princi-pales Forteresses de fille, leurs Garnisons, leurs armes & les magazins. LeMaréchal admira fur-tout le Port de Rhodes, le nombre infini de Vaisseauxde guerre, de Galères & de Vaisseaux marchands, la valeur de cette mul-titude de Chevaliers, qui gardoient fi bien ces mers , que les Corsairesosoient à peine s’y montrer. Ce qu’il y avoit de plus admirable en tout ce-la, c’est que c’étoit durant le Schisme, qui en divisant l’Eglise d’Occident,avoit aussi divisé l’Ordre & lui étoit très-préjudiciabie, pareeque les Prieurs& les Commandeurs en profitoient pour s’approprier les Responsions qu’ilsauroient dû remettre au trésor commun ; abus contre lequel, commenous savons vu, l’Ordre avoit été obligé d’avoir souvent recours à fau-torité du Pape & à celle des Princes, à tenir divers Chapitres en dif-férens endroits de l’Europe , & à employer d’autres moyens égalementonéreux.
II est aisé de juger combien les Chevaliers s’étoient rendus redoutables á II fait àleurs ennemis, par les propositions de paix que le Sultan d’Egypte fit faire faix ay an»au Grand-Maître, par un Ambassadeur qu’il envoya à Rhodes. Les condi-rions avantageuses qu’il obtint en faveur de l’Ordre & des Chrétiens de la sultanPalestine, font voir clairement que le Grand-Maître donna la loi dans ce ^'Egypte.Traité. Ce qui contribua fans-doute à la conclusion d’une paix si honorable, 1409.ce fut l’heureux tour que prirent les affaires dans la Chrétienté; les Cardi-naux, excités par le zele de la plupart des Souverains, convinrent de mettrefin au Schisme, en remettant l’Eglise sous f Obédience d’un seul Chef. Cefut dans cette vue qu’on assembla le fameux Concile de Pise, dont nous avonsparlé ailleurs ; le Grand-Maître y fut folemnellement invité, & la garde duConclave lui fut commise. Ce qui combla de joie tout le monde, ce fut sé-lection d’un aussi digne sujet que l’étoit le Cardinal de Milan, qui bien-quené dans l’obsourité réunissoit toutes les vertus qui peuvent faire honneur àcette haute dignité.' II prit le nom d’Alexandre V.
La premiere démarche du Grand-Maître fut de communiquer au nouveau Projet d’mPape le dessein où il étoit d’envoyer des Ambassadeurs dans toutes les Cours ne u ^ sde 1 Europe, pour tâcher de les engager dans une Ligue contre les Turcs,dont la puissance avoit été fort ébranlée par la chiite de Bajazet & par les chrétiens»
victoi-
(a) Bosio , Baudouin ì Ver t ot & aï.
D
Tome XIII ,