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Histoire del'Ordrt fiefuis sonElablife-ment dansl'Iste deRhodes&c. .
Proposi-tions de
paix.
Celui-citour ml'artistc*da Suhanà sonavantage.
Traitésavec leSuhanc/’Ë'7pteb ìe linde Tunis*
42 HISTOIRE DE L’t)HDRE
^eó'âvett'è' he- produisit quelque Ligue redoutable en Europe contre lui, ïl'tâ-cha de l’empêcher par une négociation de paix. Mais comme ce toi t le plus1 fier des hommes, & qu’íl ne vouloir pas s exposer à un refus de la part desChevaliêís-, il chargea de cette négociation le Prince Zun ou Zizim un deses fils, & Cheleby son neveu , dont les Gouvernemens étoient voisins deRhodes. Ces deux Princes se servirent d’un Renégat Grec pour porter auGrand-Maître une Lettre remplie-de sentimens d’estime pour fa personne,& pour tous les Chevaliers de l’Ordre , & en finissant ces Princes l’invi-. toient à faire avec Sa Hautesse une paix solide, pour laquelle ils lui offroiencleur médiation. Le Grec se rendit à Rhodes , présenta la Lettre à d’Au-bussòn, en confirma le contenu , & représenta au Grand-Maître que pourobtenir une paix ítable il ne lui en coûteroit qu’un léger tribut par an , ouun présent de deux-mille ducats; ce a quoi les Vénitiens n’avoient pas faicdifficulté de s’engager, pour obtenir la même faveur. ,
Le Grand-Maître, qui étoit instruit à fond de l’ardfice, répondit à l’Am*bassadeur , que son Ordre étoit sous la protection du Pape , & qu’ayanttnêmé de grands biens dans les Etats de la plupart des Princes de l’Europe,il ne poùvoit rien conclure fans leur participation ; qu’il s’engageoit à lesconsulter auffi bien que l’Ordre, & qu’il ne doutoit pas qu’ils ne consentissent à un Traité, pourvu qu’il ne fût pas question de tribut, dont k nomseul étoit odieux aux Chevaliers ; d’Aubulton ajouta qu’il croyoit qu’il se-roit utile de faire une suspension d’armes, en attendant qu’il donnât avis decette négociation aux Princes de l’Europe , qui consentiraient d’autantplutôt au Traité , si une treve annonçoic les dispositions pacifiques du .Sul-tan. Le Grand-Maître proposa adroitement ce dernier article , dans lavue de procurer aux Chevaliers qui étoient éloignés, le tems & la liberté dupassage pour se rendre à Rhodes. Le Grec qui étoit suffisamment autori-sé , conclut avec lui , pour tenir la négociation ouverte , une suspensiond’armes & la liberté du Commerce, qu’un second Ambassadeur, qui vint àRhodes de la part de Mahomet même , confirma depuis. Le fier Sultan nefe montra pas moins politique & rusé en faisant cette démarche , par-ceque îe bruit d’une paix prochaine, répandu en Europe, étoit propre àrefroidir le zele des Princes Chrétiens , & à rallentir F empressement desChevaliers (a). _ '-H
Dans le même tems, le Sultan d’Egypte, qui appréhendoit que Maho-met ne se rendît maître de Fille de Rhodes, ce qui lui donnoit un voisinbien plus redoutable que les Chevaliers, envoya son Favori à Rhodes, poury rénouveller les derniers Traités de paix ; ce qui se fit au contentement ré-ciproque des deux Partis. Le Grand-Maître fit un Traité à peu prés pareilavec le Roi de Tunis, on y ajouta seulement que la Religion pourroit pren-dre dans ses Etats, quand elle en auroit besoin, trente muids de bled fanspayer aucun droit.
Pendant ces différentes négociations, il arrivoit áRhodes des Chevaliersde tous les endroits de la Chrétienté ; mais comme on en attendoit encore ur>
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(a) Voy. les Auteurs cités.