Buch 
27 (1767) La suite de l'histoire de l'order de S. Jean de Jérusalem depuis l'établissement des chevaliers dans l'isle de Rhodes, jusqu'à l'année 1725 ...
Seite
69
JPEG-Download
 

D E M A L T H E. Liv. XXI Chap. VII. 69

Mantinéngue fit élever alors fur les toits des plus hautes maisons de petites SucTioirpieces de campagne, qui tuerent beaucoup de ces Chasseurs. Mais dix de M.ees Arquebusiers mis hors de combat, ne dédommageoient pas de la perte d*d’un seul soldat Chrétien. Le Grand-Maître n’avoit de ressource que dans^s^**"un prompt secours, ou en prolongeant le siégé, pour tâcher de gagnerl’hiver & la saison où il croyoit que la Flotte Turque ne pourroit tenir m *.t dantk mer (a). _ de

Jusques ici les Infidèles n’avoient pas gagné un pouce de terrein dans les ^ h0< * eSkouvrages avancés de la Place. Les breches qu’ils faisoient étoient si promp- ‘‘ ,

tement réparées ou défendues par des retranchemens, qu'on nepouvoitem- Solimanporter ces nouveaux ouvrages que par un assaut. Soliman fit alors travail- futler ses Pionniers à creuser des mines en cinq endroits différens, dont cha-s <?r '* j " ;fVcune conduisoit son approche vers le bastion opposé. Quelques-unes furentéventées par la vigilance de Martinengue, auquel on est redevable de fin* tnminées*vention de découvrir par des peaux tendues & des tambours en quel endroiton travailloit. 11 en découvrit, qu’il fie ouvrir aussitôt, en chaílà les Mi-neurs à coups de grenades, & y jetta des barrils de pou tre qui brûlèrent &étouffèrent les Turcs qui y étoient. Mais nonobstant tous ses soins, ilne put éviter que les Infidèles ne fissent jouer deux mines l’une après l’au-tre fous le bastion d’Angleterre, dont l’effet fut si violent qu’elles renversè-rent plus de six toises de la muraille, dont les ruines comblèrent le fossé..

Les Turcs se présenterent d’abord à l’assaur le sabre à la main , gagnèrentle haut du bastion, & y plantèrent sept enseignes; mais une traverse qu ilsrencontrèrent les arrêta, & les Chevaliers revenus de leur premiere surpriseles chargèrent avec tant de furie, qu’ils les chassèrent. Le Grand-Maître,qui étoit dans une Eglise voisine, s’avança la pique à la main à la tête dequelques Chevaliers, & arriva assez, à tems pour arracher les enseignes en-nemies & pour regagner le bastion. Le Général Mustapha tâcha en vaind’arréter les fuyards, en tuant les premiers qu’ils rencontra en obligeantles autres, le sabre à la main, de retourner à. la breche ; ils furent obligés del’abandonner, & en fuyant ils trouvèrent la mort qu’ils appréhendoient, parle feu de l’artillerie des remparts, ils perdirent dans cette action troisSangiacs & plus de trois-mille hommes. Le Grand-Maître perdit de soncôté plusieurs braves Chevalier-, & entre autres celui qui portoit son éten-dard.

Nous ne parlons point de plusieurs autres mines que Tes- Infidèles firentjouer, parcequ’ils n’en tirèrent aucun avantage. II ne se passoit presque mis ,pas de jour qui ne fût signalé par quelque nouvelle attaque Chaque (Jffî- ‘['"L 1cîer-Général pour plaire au Grand-Seigneur tâchoit d’avancer les travauxdont il étoit chargé. Le Bâcha Péri ou Pvrrus, vieux Capitaine, harassapendant plusieurs jours- K plusieurs nuits ceux qui défendoient le bastiond’Italie. Dans l’espérance d’emporter cet ouvrage, il fit cacher derriereun cavalier qu’on avoit élevé sur les bords du--fossé,, un gros corps d’Infan--terie i à le 13 de Septembre à la. pointe du jour, lorsque les assiégés épui-sés;

OO Bourbon Sieg. de Rhodes p, 2.5. & fuiv*

l a ,

/