7 6 HISTOIRE DE L'O-RDRE*
T i 0N rations firent leur effet, & déterminèrent les principaux habitans á s’adref-fer à leur Métropolitain. Ce Prélat porta au Grand-Maître les remontrantHistnre ces & les prières de son peuple , mais ce Seigneur rejetta d’abord les pre-de l'Ordre ra i ere s propositions du Métropolitain , & lui déclara que lui & ses Cheva-fi srs ê^oient déterminés à s’ensévelir sous les ruines de la ville, quand ils neM°^/àr?ourroient plus la. défendre, & qu’il efpéroit que les habitans, à leur exem-vifts de pie, ne montreroient pas moins de courage. Cette réponse fit un effet toutRhôJes contraire ; de nouveaux Députés revinrent le lendemain, & déclarèrent au& c - Grand-Maître, que s’il ne donnoit ordre à la conservation des habitans, ilsne pourroient pas se dispenser de prendre eux-mêmes les mesures les plusconvenables pour mettre en sûreté & la vie & ['honneur de leurs femmes &de leurs enfans (a).
Le Conseil Cette résolution fit craindre au Grand-Maître, que le désespoir ne fît naî-fd résout tre une funeste division dans la Place ; il assembla le Conseil, & fit appellerà capitu - i eS Chevaliers qui commandoient dans les différens postes , pour être in-ler ’ struit par leur bouche de l’état & des forces de la Place. Tous, & en par-ticulier Martinengue , convinrent qu’elle n’étoit plus tenable , & qu’il nerestoit d’autre parti à prendre que d’accepter les offres de Soliman. Toutle Conseil opina alors à traiter , & les membres ajoutèrent qu’ils étoientprêts, selon le devoir de leur Ordre, à sacrifier leur vie; mais qu’ils étoiencaussi obligés de pourvoir au salut des habitans, qui n’ayant pas les mêmesengagemens qu’eux ne dévoient pas être les victimes de leur gloire. On ré-solut donc, du consentement du Grand-Maître , de profiter de la premiersouverture de paix que feroit le Sultan. 11 ne tarda pas longtems ; l’appré-henfion de l’arrivée d’un secours de l’Europe , ['intrépidité des Chevaliers,ôí ia honte de se voir contraint de lever le siégé , le déterminèrent à fairearborer une enseigne de paix ; le Grand-Maître de son côté en fit planterune. A ce signal deux Officiers Turcs sortirent des tranchées, s’avance-•rent & remirent au Prieur de Saint Gilles & au Bailli Martinengue une Let-tre de Soliman au Grand-Maître, Les conditions que ce Prince offroit pa-rurent si avantageuses, que l’on convint des otages de part & d’autre. LesChevaliers que l’on envoya au camp des Turcs furent admis à ['audience duGrand-Seigneur, il leur confirma de bouche les offres qu’il avoit fait faire,menaçant en même tems de mettre tout à feu & à sang, s’ils s’opiniâtroientdavantage , ou s’ils tardoient à se rendre. On dépêcha ensuite deux Am-bassadeurs pour demander à Soliman trois jours de treve pour régler la Ca-pitulation, & pour concilier les intérêts des habitans en partie Latins & enpatrie Grecs. Mais ce Prince , toujours inquiet des bruits qui étoient répan-dus d’un prochain secours, rejetta la treve, soupçonnant qu’on ne cherchoitqu'à gagner du tems.
Les H'ostù II ordonna qu’on recommençât à tirer , & que l’on donnât encore l’af-lités re- saut; les Rhodiens firent une belle défense vu leur petit nombre , K qu'ilcommen - nc } eur re stoit plus que la barbacane du bastion d’Espagne ; ils forcerencceMt ‘ néanmoins les ennemis à se retirer. Le Sultan en fut si irrité qu’il résolutde les accabler le lendemain par le nombre ; effectivement les Chevaliers,
après
(a) Bofto , Font an s Bourbon , Baudouin , Loriot L ah