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27 (1767) La suite de l'histoire de l'order de S. Jean de Jérusalem depuis l'établissement des chevaliers dans l'isle de Rhodes, jusqu'à l'année 1725 ...
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DE M A L T H E. Lrv. XXI. Ciiap. VU. 83

Dès lors le Grand-Maître eut diverses conférences avec ce Pontife, an íu- Sectioh 1jet d’un établissement fixe pourl’Ordre,parcequ’on lui avoit fait différentes UI.propositions, mais qui avoient des difficultés. Enfin on convint que Ville U‘fl°! re ^ ede Malthe étoit la Place la plus propre, comme la plus forte, la mieux si-A^cttuée, & qui avoit différons Ports commodes, à laquelle on pourrait joín- Eu/blife-dre l’Ifle voisine de Goze, pour lui servir de boulevard. Nous avons fait mens damla description de ces Ifles au commencement de ce Chapitre, & dit qu’elles íleappartenoient à l’Empereur Charlequint en qualité de Roi de Sicile. CePrince avoit témoigné être très disposé à les leur céder, L condition qu’ils —L— —fe chargeraient de la garde & de la défense de Tripoli, qu’il avoit conqui- On proposese il n’y avoit pas longtems. Mais cette Place étoit si mauvaise & entourée ^de tous côtés de Barbares & d’Infideles, qu’elle devoit être plus à charge /^Mal"qu’utile. Le Grand-Maître craignoit aussi que ce projet ne produisît dans the L-? dela fuite quelque espece ^assujettissement. Le Pape l'exhorta à prendre si Goze.bien ses mesures, qu’il*évitât le piege dans les négociations fur ce sujet. Onenvoya le Prieur de Castille, le fameux Martinengue, & le CommandeurBosio, Chapelain de l’Ordre, en qualité d’Ambaíladeurs pour traiter avecì’Empereur.

Etant arrivés à Madrid, où ce Monarque se trouvoít alors, les Ambassa- Comlitimsdeurs lui demanderent au nom de tout l’Ordre, qu’il lui plût par une inféo- dures quedation libre & franche de tout assujettissement, ieur remettre les files de l'Empe-Malthe & de Goze, & ils firent cette proposition fans parler de Tripoli. reurext 'ë s *Ils repréfenterent en même tems à l’Empereur, que par cette concession sidigne de la libéralité d'un grand Prince, il se rendroit le Restaurateur &comme le second Fondateur d’un Ordre, qui depuis plusieurs siécles avoitété comme le boulevard de la Chrétienté ; & que les Chevaliers par leur é-tablissement dans ces Ifles, réprimeraient les brigandages des Corsaires deBarbarie, & mettraient à couvert de leurs incursions les Ifles de Sicile & deSardaigne, le Royaume de Naples & toutes les côtes d’Italie. Le politiquePrince refusa de consentir à leur proposition, si Tripoli n’étoit comprisecbtns le même Traité; il exigeoit encore que le Corps de la Religion lui prê-tât serment de fidélité comme à son Souverain, ajoutant qu’il ne prétendoitpas s’engager à fournir Malthe de grains à l'avenir. Par cette réserve il s’as-suroit une domination absolue furies Chevaliers, qui ne pouvoient jamaissubsister sans ce secours (a).

_ Les Ambassadeurs n’ignoroient pas qu’on n’accepteroit jamais des con-ditions si dures, ensorte que tandis que deux d’entre eux demeurèrent à laCour de l’Empereur,Bosio retourna àViterbe pour demander de nouvel-les instructions.

Vers le tems qu’il arriva à Viterbe le Grand-Maître avoit reçu une pro- p rn ; ct ,j e •position bien plus glorieuse & plus avantageuse à l’Ordre, qui étoit de re- recouvrercouvrer risse de Rhodes, ce qui ne pouvoit que lui rendre celles de l’Em- Rhodes,pereur plus désagréables encore. La proposition dont il s’agit venoit de lapart du Bacha Achmet, le même qui avoit contribué le plus à la prise de

Rho-

O) Voy. les Auteurs citéí.

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