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III.
Histoiretk l'Ord'edeiiuii sonEt ab lissé-tuent dan%l'ifi deHhodes&e.
II se rendà Civita-Vecchia.
l’Ordres 11 ab lit àViterbe..
82 H I S T O I R E D E L’O R D R E
tientê.ne seroit pas aujourd'hui en la puijsance des Infidèles (a). Ces marques.de bonté & ses pieuses exhortations ne les auroient pourtant pas empêchésde se disperser , s’il n’eût fait faire la. lecture du Bref du Pape , qui le leurdéfendoìt fous de grièves peines ; il y ajouta des espérances d’avoir bien-tôt un établissement fixe , qui les dédommageroit de celui qu’ils avoientperdu.
Dans ces entrefaitesune affreuse peste s’éleva dàns Messine, qui se glis-sa bientôt dans les Vaisseaux de l’Ordre , ce qui obligea le Grand-Maîtreà se rembarquer, & avec la permission du Viceroi de Naples, il débarquafa Colonie dans le Golphe de Bayes. Et de peur de surprise de la part desCorsaires de Barbarie , il environna son petit camp de retranchemens. Lechangement d’air, & les remedes convenables produisirent leur effet, & laplupart des malades guérirent. Au bout d’un mois il se rembarqua, & ar-riva peu de jours après â.Civita Vecchia. Impatient de conférer avec lePape fur un lieu propre à y établir l’Ordre, il voulut d’abord se rendre àRome, mais le Pape le fit retarder; en voici la raison. Adrien VI. venoitde conclure une honteuse Ligue avec l'Empereur, le Roi d’Angleterre & leDuc de Milan, contre le Roi de France, & il ne vouloir pas que le Grand-Maître fût témoin de la publication de la guerre. Mais ensuite il le reçutavec toute la distinction due à son mérite & à sa dignité ; & après avoirdonné à son courage & à fa valeur de justes éloges , il lut dit qu’il n’ou-blieroit rien pour conserver un Ordre si utile à toute la Chrétienté. II lecongédia ensuite en l’appellant le Héros de la Religion & le généreux Dé-fenseur de la Foi (L) ; titres qui coûterent moins à ce Pontife, quen’eussentfait les secours qu on lui avoit demandés tant de fois,& toujours inutilement.Le Pape étant mort peu après d’une violente fìevre , on confia la garde dtrConclave au Grand-Maître & à ses Chevaliers.
Adrien eut pour successeur Jules de Medicis, Religieux de l’Ordre, quifut le premier Chevalier qui parvint au Pontificat. Son élection fit un extrê-me plaisir au Grand-Maître & à tout l’Ordre, pareequ’ils pouvaient faireplus de fond fur fa protection & fur son amitié pour un établissement, quefur les belles promesses de son prédécesseur. Leurs espérances ne furentpoint trompées; jamais Pape n’avoit témoigné tant d’estime, ni une si ten-dre affection pour les Chevaliers, que le fit CJement VIL Ce qui y con-tribua encore, ce fut le compte que le Grand-Maître lui rendit en plein Con--sistoire* par la bouche du Vice-Chancelier de i’Ordre , du siégé de Rho-des; il lui exposa de quelle maniéré six-cens Chevaliers l’avoient défendue -pendant six mois entiers contre deux-cens-mil le Turcs. ,Le Pape de concertavec le Consistoire assigna à l’Ordre pour íà résidence la ville de Viterbe, enattendant qu’on pût trouver un lieu plus-convenable, & il consentit que leursVaisseaux■& leurs Galères restassent dans le Port de Civita Vecchia. A cettegrâce le Pape en ajouta une autre, il ordonna que quand il tiendroit Cha-pelle , le Grand-Maître auroit la premiere'place’à [adroite du trône, & quedans les Cavalcades il mareheroit seul, &. immédiate ment avant lui.,
Dès ;
fa) Voy. les Auteurs cités. . (b) l)<fio, L. II, p. 2Q, Vertot I. c. p, 425,. &'sui.w..