DE MALTHE. Liv. XXI. Chap. VII. §5
B0Í10 proposa ensuite au Grand-Maître de «'emparer de la ville de Mo? Secticsdon dans la Morée, que Bajazet II. avoir conquise sur les Vénitiens en 111 .1498. Le Commandeur se flattoic de réussir dans cette entreprise par lemoyen de deux renégats, dont l’un commandoit fur le Port, & dont l’au- j lí^sontre étoit maître de la porte du môle. Le remords d’avoir renoncé à la Foi, Etablife-& le désir de rentrer dans le sein de l’Eglise les engagea à promettre de re- ment damcevoir les Chevaliers, & ils représenteront cette entreprise comme beaucoup ei fl e deplus facile que celle de Rhodes. Boílo, après mûr examen, trouva le pro- ^° desjet facile & avantageux ; il n’oublia aucunes des raisons propres à persuader „ «jle Grand-Maître , mais comme cette affaire n’eut pas de suites, nous passonsles argumens du Commandeur fous silence (a).
Dans ces entrefaites, les Commissaires qu’on avoit envoyés pour visiter RapportMalthe, Goze & Tripoli, revinrent & firent leur rapport. A l’égard desdeux Iiles ils parièrent avantageusement de leur situation, des Ports, deleur distance des Etats du Grand-Seigneur &c. ensorte que le Pape & l’Or- Mïiíchedre jugèrent qu’elles convenoient très-bien, si l’on pouvoit engager l’Em- Sc.péreur à les céder à des conditions plus favorables. Les Commissaires neformoient pas un jugement aussi avantageux de Tripoli ; ils représenterentque cette Place,située à près de quatrevingt lieues de Malthe, n’avoit au-cunes fortifications, qu’il étoit même presque impossible d’y en construiresur un terrein sablonneux ; que les fossés étoient peu larges & encore moinsprofonds ; le Port & le Château commandés par une montagne voisine ; quecette ville étoit environnée des Etats du Roi de Tunis, qui n’y souffriroicpas longtems les Chrétiens ; & enfin que le terroir des environs étoit stérile,
<& ne produiíoit que des dattes. Ces considérations firent craindre au Con-seil de se charger de la garde d’une aussi mauvaise Place.
Le Grand-Maître pria le Pape d’interposer ses bons Offices auprès del’Empereur, pour l'engager à décharger f Ordre de la défense de Tripoli (b).
Mais ce Pontife n’avoit guere de crédit auprès de Charlequint en ce teins-là.
II se négocioit actuellement une Ligue entre Clement VII. le Roi d’Angle-terre & les Vénitiens pour maintenir la liberté d'Italie, menacée depuis laperte de la célébré bataille de Pavie , & la prison de François I. Roi deFrance. Le Grand-Maître fit à la prière du Pape un voyage à Marseille,pour conférer avec la Régente ; les Ministres de l’Empereur en conçurenttant d’ombrage, qu’ils firent saisir en Italie tous les revenus de la Religion.
D’ailleurs l’Empereur étoit mécontent de la lenteur de l’Ordre à lui rendreune réponse positive sur l’offre qu’il avoit faite de Malthe & de Tripoli.
II envoya à Viterbe un Chevalier Espagnol, chargé de demander au Con- 4
seil de s’expliquer nettement fur ces propositions, àc qui ajouta avec hau-teur, que s’il le trouvoit quelque Langue qui s’y opposât,^ l’Empereur sonMaître siuyroit bien y donner ordre. Le Conseil fit représenter à ce Mo-narque , que dans une affaire aussi importante ils ne pouvoienc prendre au-cune résolution décisive sans la présence du Grand-Maître, & le consente-ment exprès du Pape,- qu’ils en alloient écrire incessamment à l’un & à fau-
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W Rajìo, L. III, Ch. 5 , 6 . (/;) Le ir.ême L. U. p. 32.
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