Buch 
27 (1767) La suite de l'histoire de l'order de S. Jean de Jérusalem depuis l'établissement des chevaliers dans l'isle de Rhodes, jusqu'à l'année 1725 ...
Seite
86
JPEG-Download
 

P l/le de

íffihodes

&c.

86 HISTOIRE DE l’ORDRE

Section tre; qu’ils apprenoient que le Grand-Maître étoit parti pour se rendre â k I11[ - Cour de l’Empereur, dans le dessein d’être instruit par lui-même de ses in-MHreÊ butions au sujet de l’Iíle de Malthe , & qu’ils espéroient que ce grandpuis son g Prince voadrok bien relâcher quelque chose des conditions attachées à cettej Etablisse- inféodation. Le Conseil dépêcha aussitôt en France le Commandeur Bafio,mmt dans qui instruisit le Grand-Maître du séquestre des biens de la Religion en Ita*lie, & des propositions de l’Envoyé de Charlequint. Le Grand-Maîtredifféra de répondre au Conseil, & ordonna à Bosio de le suivre en Espagne.

II partit avec la Duchesse d’Alençon, & ils rte furent pas sitôt arrivés àMadrid, qu’aprês que l'Empereur fut débarrassé du Cérémonials il donnaune audience particulière au Grand-Maître. La maniéré modeste & poliedont il se plaignit de l’arrêt des biens de l'Ordre en Italie, lui en fit obtenirmain levée ; les raisons qu’il allégua à ce Prince pour le convaincre qu’iîétoit impossible qu’un Ordre composé de Chevaliers nés sujets de différonsSouverains en reconnût un particulier, firent impression. II entra ensuiteadroitement dans le détail du projet formé pour recouvrer Rhodes, lui ex-posa qu’il y avoit un parti formé pour l’exécution de cette entreprise ; &là-dessus, avec la permission de l’Empereur, il fit entrer le CommandeurBosio, qui lui rendit compte en détail des mesures qu’il avoit prises à ce su-jet avec les principaux habitans. II ajouta qu’il ne inanquoit à l’Ordre quecinquante ou soixante-mille écus pour lever trois ou quatre-mille hommes,& pour porter en même tems des armes Lux habitans, que les Turcs a-voient désarmés. L’Empereur parut goûter le projet, & dit au Grand-Maître que si le Duc d’Albe en trouvoit l’exécution possible, il donneroitvolontiers pour en faciliter le succès vingt-cinq-mille écus. Avant que dese retirer le Grand-Maître lui demanda la permission de pouvoir saluer le Roide France. Un Officier de ses Gardes par son ordre le conduisit à l’apparte-ment de ce Prince. Le Grand-Maître rassura qu’il s’employeroit de toutson pouvoir à ménager sa liberté, & à faire !a paix , & y travailla ensuiteavec autant d’application que de succès. Toujours attentif aux intérêts dela Religion, il fit insérer dans le Traité que l’Empereur & le Roi de Fran-ce solliciteroient conjointement le Pape à travailler à une croisade contreles Infidèles. Avant que de partir d’Espagne, il obtint du Roi de Portu-gal , non seulement le redressement de quelques infractions aux statuts del’Ordre par rapport à la collation des Prieurés, & une promesse de ne plusse mêler des affaires de cette nature, mais encore que ce Prince fourniroitquinze-mille crusades pour la guerre contre les Turcs.

Piyage du Les Ambassadeurs qu’il envoya à Henri VIII. Roi d’Angleterre, pour un.C/W- sujet pareil, ne réussirent pas aussi heureusement. Bien-qu’iís fussent munisAnglíter^ recommandations les plus pressantes de la part du Roi de France, ils nete , purent obtenir main-levée des biens de l’Ordre qui avoient été saisis, & fileur défendit même de faire sortir de ses Etats ni argent ni effets provenantdes biens de la Religion. Ces Ministres à leur retour rapportèrent au Grand-Maître, qu’ils croyoient avoir démêlé que tout cela venoit de ce que Hen-ri se tenoit offensé qu’il eût visité le Roi de France & l’Empereur, sanslui rendra las mêmes devoirs de civilité. Ce vénérable vieillard résolut donc

clc