DE MALTHE. L xv. XXI. Chap. VII. 105Heveu de T Amiral du même nom, qui commandoit la Flotte de l’Empereur, c„ cTrrtW -alla tout droit au Cap-Bon, y débarqua ses troupes , L s’empara du Fort de j v<Calibie , l’ancienne Clypée des Romains, d’où il s’avança ensuite jusqu’aux Histoire deportes de Monasteer. A l’approche des Troupes Chrétiennes, les Turcs & l’Ordreles Maures firent une sortie, moins pour combattre que pour reconnoître ]es ; '" A/z '" laforces de leurs ennemis. Mais les Chevaliers qui avoient la tête de J’atta- n Ç?L de laque, & qui étoient soutenus par un Ter ce Espagnol, s’avancerent à grands Vaiettepas, les joignirent, en tuerent un grand nombre , & poursuivirent les &c.autres de si près qu’ils entrerent avec eux dans la ville & s’en rendi- 1
rent maîtres. Les habitans se réfugièrent la plupart avec le Gouverneurdans le Château. Doria l’ayant fait sommer de se rendre , sur son re-fus fit cartonner le Fort avec tant de furie qu’il y eut bientôt breche.
L’Amiral, fans examiner lì elle étoit assez grande, ordonna l’assaut. L’atta-que & la défense furent également vives & meurtrières, & contèrent lavie à la plupart des Chevaliers. Les habitans auroient bien voulu capitu-ler , mais le Gouverneur vieux Corsaire en rejetta fièrement la proposition,
& se tint au haut de la breche en combattant courageusement ; mais ayantété tué d’un coup de mousquet, les soldats découragés par fa mort, arbo-rèrent le drapeau blanc & se rendirent à discrétion (a).
Après ce premier avantage , Doria se prépara à faire le siégé cf Africa Doria bh-pendant que Dragut étoit en mer, comptant sur lespuissans secours qu’il de- l ue cettevoit recevoir de Naples & de Sicile. En les attendant, & pour empêcherqu’on nefît entrer des troupes dansAfrica,ilfut se poster aux Ifles Cumilie-res ou Coniglìeres, situées presque vis-à-vis de cette ville, qu’il tenoit par cemoyen en quelque façon bloquée. Le Viceroì de Naples lui fit savoir qu’illui préparoit un puissant secours; celui de Sicile l’assura de la même chose,mais comme le secours qu’il préparoit n’étoit pas encore prêt, il le pria defixer le rendez-vous général à Drépano en Sicile, & de s’y rendre. L’Ami-ral ne pouvoit le faire fans laisser à Dragut occasion de jetter du secoursdans Africa, dont il ne manqueroit pas de profiter. Mais comme il avoitreçu des ordres secrets de n’agir dans la conduite du siégé que par les avisde Don Juan de Vega, ancien Officier & Général habile , Doria fut con-traint de le venir trouver à Palerme, d’où ils fe rendirent ensemble á Dre-pano, où ils trouvèrent les Galères & les troupes de Naples & de Malthedéja arrivées. Malheureusement le secours de Naples étoit commandé parDon Garde de Tolede, fils du Viceroi, qui fe fiattoit de conduire le siégé■& d’en avoir tout l’honneur. Cela causa de la division entre lui èk le Vice-roi de Sicile; la contestation fut vive, dura plusieurs jours, & auroit pu a-voir des suites fâcheuses. Enfin le Bailli de la Sangle,qui commandoit lesGalères de Malthe, & qui étoit d’un génie adroit & conciliant, les fit con-venir que fur terre ils auroient tous deux une égale autorité ; que chacuncommanderoit les troupes qu’il auroit amenées au siégé ; que le Conseil deguerre décideroit des attaques, & que les ordres seroient donnés au nomde l’Empereur, & comme s’il commandoit lui-même en personne au siégé.
La Flotte mit alors à la voile, & prit la route d’Africa pour en former Elie est
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Tome XIII.
(«) Voy. les Auteurs cités,.O