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27 (1767) La suite de l'histoire de l'order de S. Jean de Jérusalem depuis l'établissement des chevaliers dans l'isle de Rhodes, jusqu'à l'année 1725 ...
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io(5 HISTOIRE DE L’ORDRESïctioh le siégé. Mais Drague avoit profité de l’éloignement de Doría pour jetterlV- un puissant secours dans la Place ; il y avoit fait entrer ses meilleurs Officiersf Ordre avec ^ es v ^ vres & des munitions de guerre, & en même tems il tenoit la meriufqu'àla pour traverser les convois qu’on pourroit envoyer à sarmée Chrétienne.vert di D’autre part le Grand-Maître, qui n’ignoroit pas la perte que la Religion a-]eandela V oit faite à l’assaut du Château de Monafheer, envoya une nouvelle recrueValette Chevaliers. Le Gouverneur de la Goulette, Officier plein de valeur &d’une grande réputation, fur des ordres exprès de l’Empereur se rendit aussiau siégé. Nous avons rapporté dans un des Chapitres précédens ce qui s’ypassa de plus important. Nous ajouterons seulement, comme ayant parti.?culiérement trait à l’Histoire de Malthe, que le Bailli de la Sangle, aussi at-tentif aux devoirs de shospitalité qu’aux autres, dressa fous ses tentes uneespece d’Hôpital & d’Infirmerie, où il faisoit traiter avec grand soin lessoldats malades. Les Chevaliers par son ordre & à son exemple les servoienttour à tour, & toute sarmée n’admiroit pas moins leur charité que leur va-leur. Leur intrépidité brilla dans tout son éclat lorsqu’on eut donné Jesignal de l’aflaut, où suivant l’usage & le privilège attaché à leur Ordre ilseurent la pointe. Se voyant arrêtés à tout moment par des bancs de fable ilsse jetteront sépée á la main dans la mer, & seau jusqu’à la ceinture & quel-quefois au-delà, ils gagnèrent le pied de la muraille. Les Infidèles, pour lesempêcher d’approcher de la breche, employoient en même tems le feu ducanon & de la mousquetterie, les coups de fléchés, de pierres, les feux d’ar-tifice & l’huile bouillante. Les Chevaliers ne laissèrent pas de gagner lehaut de la breche; le Commandeur de Giou arbora aussitôt ì’enseigne de laReligion, mais il fut au même instant renversé d’un coup de mousquet.L’enseigne fut relevée par le Commandeur Copier, qui pendant toute fac-tion & au milieu du feu & de la fumée la tint toujours élevée fans reculer,bien-qu’ií vît périr un grand nombre de Chevaliers & d’iilustres Volontairespar le feu continuel de s artillerie des Turcs, qu’on ne put faire reculer. LeCommandeur de Gffimeran qui étoit resté à la tête de' l’attaque , en jettantles yeux de tous côtés, découvrit fur fa gauche un petit sentier qui condui-soic dans le corps de la Place; d’autres prétendent que c’étoit le débris d’unegalerie de communication. Quoi qu’il en soit, le Commandeur s’ouvrit unpassage par-là, & pénétra jusques dans la ville, faisant un terrible carna-ge de tout ce qui lui réfistoit, ensorte que les habitans prirent la fuiteÓc se sauvèrent de tous côtés. Ce fut donc à l’intrépidité & à la va-leur des Chevaliers que l’on fut redevable de la conquête de cette impor-tante Place, nonobstant tous les foins & toutes les précautions de Dragut (a).

Le butin fut immense ; comme c’étoit une des plus fortes villes de toute}’Afrique Dragut y avoit tous ses trésors, & un grand nombre de Corsaires& de Marchands Turcs & Maures y avoient apporté toutes leurs richesses,comme dans un lieu de sûreté. D’ailleurs les habitans mêmes étoient très-opulens,tant par la part qu’ils avoient aux prises des Corsaires, que par leconcours continuel de ces Pirates, qui venoient y vendre leur butin. DonGarde tenta vainement de s’attribuer toute la gloire' de cette conquête, tout

(») Les Auteurs cités.