„6 HISTOIRE DE L’QRDRE
SectoiiG duquel íl avoit pris séance, il le pria de se souvenir qu’il n’e'toit passé en Asri«-IV. que que sur les instances réitérées qu’il lui en avoit faites. II ajouta, queHistoire de depuis qu’il étoit arrivé au camp des Turcs, il n’avoit ceíle d’interposer sesl ! 0rl s bons offices, & qu’il étoit déterminé à faire ses efforts à la Porte, voyantm m * a qu’il s étoient infructueux dans le camp, mais que le Bacha l’avoit retenuJean Je Iajufqu’à la fin du siégé ; qu’il avoit procuré la liberté de plusieurs ChevaliersVaietce qu’]) avoit ramenés heureusement sur sès Galères, s’étant engagé de rame-& c - ner en échange autant de Turcs esclaves.de la Religion, & qu’il se flattoitque le Grand-Maître les lui feroit remettre pour qu’il pût dégager sa paroleavec honneur.
Injustice Le GrandrMaître lui répondit en peu de mots, & avec un air extrême-du Grand- ment froid, qu’on lui étoit bien obligé de ses foins;mais qu’à l’égard desEs-Maiire. claves Turcs qu’il demandoit, il n’en étoit pas le maître, que c’étoit auxChevaliers qui les avoient pris à en disposer, ou sur leur refus, au Maré-chal à en dédommager le Bacha. D’Aramont auroit pu justement lui répli-quer, qu’il y avoit encore une voie plus courte, qui étoit de lui remettre lesChevaliers Espagnols pour les rendre à Sinan. Mais il trouva indigne de soncaractère de faire sentir au Grand-Maître son injustice ; & sans s’abaisser
jufqu’à s’en plaindre, il sortit peu de jours après duPort, & continua ffiroute pour Constantinople.
poursuites Son départ mit le Grand-Maître en liberté de suivre son projet contre deinjustes Valier. 11 assembla le Conseil, & représenta „ qu’on ne pouvoit pas poursentre le „ fhonneur de la Religion se dispenser de faire rendre compte au Ma-Maréchal ^ Reliai &. aux autres Chevaliers, des motifs qui les avoient déterminés à,, capituler, a fi n , dit artistcieufement d’Omedes, de les absoudre s'ih font,, innacens, ou aussi de les punir, fi l'on avoit le chagrin de les trouver coupa -„ blés”. Le Conseil approuva la proposition, & on nomma trois Chevaliersde trois Langues différentes, & créatures du Grand-Maître, pour faire lesinformations. Mais comme ces Commissaires en qualité de Religieux nepouvoient pas connoîcre d’un crime capital, il fut arrêté qu’on leur donne--roit pour Assesseur un Séculier, qui après l’examen & le rapport des Com-missaires prononceroit fur la nature des peines queméritoit la faute des cri-minels. Le Maréchal fut arrêté, & on le jetta dans un cachot affreux où leSoleil n’avoit jamais pénétré & le Grand-Maître défendit fous de grièves -peines qu’aucun Chevalier n’eût à intercéder en fa faveur. Par une autre -Ordonnance il fut enjoint aux Commissaires de rejetter les causes de récusa-tion qu’il pourroit alléguer contre les témoins , & d ? admettre indifférem-ment le. témoignage de tous ceux qui se présenteroìent sans même les astrein-dre à subir la confrontation contre l’accusé (a). C’étoient-là d’étranges pro-cédures ; mais la Cabale du Grand-Maître étoit si puissante que rien ne lui ré-sistoit , & les Juges étoient tellement ses créatures, qu’on vit paroître par-mi les témoins des -scélérats avérés, des renégats , des déserteurs , des gensrdéjà flétris par la Justice, qui furent reçus à déposer contre le Maréchal Lcontre les Chevaliers Euster, de Sousa, & Errera.
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