D E M A L T H E. Lxv. XXI. Chap. VII. 117
Cela n’empêcha pas les Chevaliers François de se plaindre hautement de Srcfroï»ees procédures j Villagagnon sur-tout disoic publiquement, qu’il étoit bien IV.extraordinaire que la Place n’ayant été perdue que par la négligence, & Histoirepeut-être par l’avarice de ceux qui étoient chargés de la fortifier & d’y jet- * ' °, rdre.ter du secours, cependant on prétendit rendre le Maréchal responsable des míftde *fautes d’autrui ; il avoit d’ailleurs soixante témoins, gens de probité, prêts Jean de laà déposer en faveur du Maréchal contre les autres témoins. Le Grand- ValetteMaître pour prévenir l’effet de leur témoignage, obligea encore ses confi & e -dens d’écrire dans leur Pays, que la plupart des Chevaliers François, crai- Le Mn ,^.gnant que par la conviction du crime du Maréchal on n’attachât une mar- c hal bque d’infamie à leur Langue, avoient pris les armes & tenoient actuelle- trois Ci-ment le Grand-Maître assiégé dans le Château de Saint-Ange. Pendant que valiersces fausses nouvelles couroient en Europe, il pressoit fous main le procèsdes quatre Chevaliers,qui se termina enfin par une sentence que le Prévôt p?e -gradés.-nynça en plein Conseil. Elle portoit „ Que dans la perte de Tripoli il n’y„ étoit intervenu de la part du Maréchal & des autres Chevaliers aucune„ forte de trahison ; que tout le malheur étoit uniquement venu de la lâ-„ cheté des Calabrais. Qu’à - la-vérité il n’y avoit point de Constitutionsj, Impériales ni de Loix qui décernassent en pareil cas des supplices contre„ un Gouverneur & des Officiers ; mais que par les Statuts de l’Ordre on.
„ en devoir chasser tout Gouverneur qui fans la permission expresse du,, Grand-Maître & du Conseil auroit abandonné une Place dont on lui au-„ roit confié la garde. En conséquence de quoi il concluoit â ce que FiiabiC-de la Religion & la Croix seroient ôtés au Maréchal & aux Chevaliers-„ Sonia, d’Errera & Fuster, comme complices de la perte de Tripoli”.
Ce jugement, bien loin de satisfaire le Grand-Maître, déconcertoit tou-tes ses mesures. II n'avoit fait comprendre dans l’accusation les Chevaliers.Espagnols , que pour éloigner le soupçon de partialité & de haine contreles François, son grand but étant de faire périr le Maréchal seul. II repré--fènta donc au Conseil, qu’il lui sembloit que le Juge avoit un peu trop pré-cipité ees différentes sentences , & qu’il croyoìt qu’il auroit dû mettre unegrande différence tant entre la faute de chaque criminel, que dans les peines,dont on devoir les punir ; & qu’il lui sembloit que pour le présent on dévoie,s’en tenir au jugement rendu contre le Maréchal, & surseoir celui des Of-ficiers , pour les pouvoir juger chacun en particulier , & suivant la nature.'différente des crimes dont ils étoient convaincus.
Le Juge, qui comprit qu’il avoit offensé le Grand-Maître, changea d’a-vis fans pudeur & fans honte, opina de nouveau, & déclara que quoiqu’iî.eût condamné tous les accusés à la même peine , leurs fautes étoient bkudifférentes. Mais ce procédé révolta tout le monde , & quelques Cheva-liers protestèrent que tous les accusés subiroient la même peine. Là-dessusd’Omedes demanda un moment d’audience , & représenta que le Maréchas& le Chevalier Fuster lui paroiflbient bien plus coupables que Je-s autres, & ■que la punition de leur crime pouvant aller à la mort , il étoit d’avis d'en-renvoyer le jugement définitif au Juge Séculier , qui avoit déjà pris con-'-Hoissance. de.cette affaire;. Mais le Conseil savant rejette à grands cris, Je-'
- F A, Grand»*