DE M A L T H E. L iv. XXI. Chap. Vil. 137
ra! le voyant fortifié d’un large boulevard avec un ravelin & des casemates Sbctio»au pied & dans ie fossé, plein de fureur il lui déchargea un coup de canne IV.fur la tête, L le fit achever à coups de bâton par les soldats de son escorte. Histoire deLes Turcs répandus dans la campagne commectoient les plu s cruels rava- t '. 0 s h ' ages, tandis que les Chevaliers épioient l'occasion de tomber fur eux, tttmm'.ìe*qui donna lieu à quelques rencontres assez vives. Mais le Grand Maître fut Jean de laobligé d’empêcher ces escarmouches, pareeque la perte d’un seul homme c- Valette.toit plus considérable pour lui, que celle de cent pour les ennemis. Massa- &c -pha ayant assemblé un grand Conseil de guerre, f Amiral Piaîi, suivant les f A ^ !jrí f aordres du Grand-Seigneur, vouloir qn’on> attendît J’arrivée de Dragut a- st. Limevan t que de rien entreprendre. Mais Mustapha, craignant que la Flotte Chre- attaque.tienne dont La Riviere lui avoir parlé, ne survînt, & ne bloquât la siennedans l’anse de Marza-Siroc, fit prendre la résolution d’ouvrir la tranchéedevant le Fort de St. Elme, qui selon lui ne pouvoic tenir au-delà de cinqou fix jours; il ajouta que par fa prise ils scroient maîtres du Port de MarzaMuzet, où ils pourroient mettre toute leur Flotte en sûreté , & qu’ensuiteils attaqueroient avec plus de confiance les autres Forts, & les différentesPlaces de l’Ifle. II avoir d’autant plus sujet d'être inquiet,que le Viceroi deSicile répandoit des bruits qu’il viendroit au premier jour à la tête de laFlotte du Roi son Maître, combattre celle du Sultan.
La difficulté étoit d’ouvrir & de conduire la tranchée, pareeque le Fortde St. Elme étoit bâti en partie fur le roc, & en partie fur un terrein pier-reux. Mais le Pacha, qui ne manquoit pas de Pionniers, dont il prodiguoitla vie, surmonta la difficulté en quelques endroits ; & dans ceux dont onne pouvoir entamer le roc, il fit construire des parapets avec des poutres& des madriers, garnis par derrière de terre, ce qui formoit une efpecede muraille qui couvroit le soldat. 11 fit dresser ensuite une; batterie de dixcanons qui portoient quatre-vingt livres de balle, outre deux coulevrinesfie soixante & un basilic d’une énorme grandeur, qu’on prétend qui tiroirdes boulets de pierre de cent-soixante livres. Mustapha commença à fairetirer le 2^ de Mai. Cette artillerie fit un si furieux ravage, que celui quicommandoit dans la Place envoya le Chevalier Lacerda au Grand-Maîtrepour lui demander du secours, & pour l’obtenir cet Officier exaggéra telle-ment le péril où il ditqu’étoit la Place, que le Grand-Maître, à qui il avoittenu ce discours en présence d’un grand nombre de Chevaliers, lui dit d’unair indigné , quelk perte avez-vous donc faîte pour crier au secours? Seigneur,lui répondit Lacerda, ìe Château doit être considéré co aime un malade exté-nué N sans forces , qui ne peut se sout-nir que par des remedes b des se-cours continuels, f'en ferai um-même le Médecin, reprit le Grand-Maître, Ufy en conduirai d'autre s avec moi : S'ìls ne peuvent pas vous guérir de lapeur, ils empêcheront bien au-moins par leur valeur, que les Infidèles ne s'emparentdu Château. Ce langage sembloitun peu dur, vu le mauvais état auquel l’artil-lerìe formidable des Turcs avoit réduit la Place; mais il importoit de le cacherpour ne pas décourager les troupes, pareeque le salut de toute fille dépen-doit de la durée de ce siégé, pour donner le tems au Viceroi de Sicile d’a-vancer à son secours. La Valette résolut de se jetter dans la Place, & de laTome MIL Z dé-