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Sìsctìon Elis écolt composée de cent-cinquante-neuf Galères ou Galiotes,& chargesIV. de trente-mille hommes de débarquement, Janissaires & Spahis. Un nom-ìlìjìmro. bre considérable de Vaisseaux de charge suivoit la Flotte , & portoient lade l'Orke g ro ss e artillerie & les munitions de guerre & de bouche. L’armée étoit com-.jusqu a la manc ie e par Mustapha, vieil Officier de soixante-cinq ans, queSoliman esti-Jean de la moit beaucoup & en qui il avoit une grande confiance. Le Bacha etoit durValette & févere dans le commandement, cruel & sanguinaire, & se faisant sur-tout& c - un mérite de violer la foi & la parole qu’il donnoit à des Chrétiens. Sur le
* w --soir les Turcs j'etterent l'ancre á l’entrée de l’anfe ou du golphe de Mugiar-
ro. Le Maréchal Copier,à la tête de deux-cens Chevaliers & de mille Ar-quebusiers , pour s’opposer à leur descente se porta avec toute la diligencequ’il pût au même endroit. Mais l’Amiral Turc à la faveur des ténèbres tiraadroitement de son arriere-garde trente-cinq Galères, où il y avoit trois-mil-le hommes, qui débarquèrent fans obstacle à la Cale de Saint-Thomas, oule Port de Féchelle. S’étant cachés dans des rochers voisins, ils eurent oc-casion de tomber fur les décachemens qui alloient à la découverte, commeils firent fur deux, l’un commandé par un Chevalier Portugais, qui reçutun coup de mousquet dont il mourut sur Le champ, & l'autre par le Che-valier de la Rivière, qui fut fait prisonnier en accourant au secours de sonconfrère.
La Ririe- On le conduisit aussitôt au Pacha, qui Finterrogea sur la disposition dusefititpri- Grand-Maître & des Chevaliers, & fur les forces que îa Religion avoit dansjonnier, fjfle. La Rìviere lui répondit qu’il n’y avoit point de Chevaliers qui nefo/ë? fussent résolus de répandre jufqu’à la derniere goutte de leur sang pour la^ensuite us- défense d’une Iíle qu’ils regardoient comme leur patrie; que tous les Fortssommé, étoient remplis d’une nombreuse garnison, & pourvus abondamment de mu-nitions de guerre & de bouche, & qu’on attendoit de l’Europe une puis-sante Flotte qui venoit pour lui livrer bataille. Le Général Turc regardantce discours comme une eípece de bravade, lui fit donner une violente tor-ture. Le Chevalier la soutint longtems avec une constance incroyable ; à lafin, comme s’i! eût cédé à la rigueur des tourmens, il avoua au Bacha avecune feinte ingénuité, que si Malthe avoit à être prise , ce ne seroit que parle poste de Castille, l’endroit du Bourg & de l’Isie le moins fortifié, à cequ’il lui dit. Mustapha se reposant sur la sincérité de son aveu, résolut decommencer le siégé du bourg par cet endroit. Le vent ayant changé la nuitsuivante, toute la Flotte leva l’ancre, & reprit la route de Marsa-liroe, oùelle seroit entrée d’abord si le vent l’avoit permis. Le Général Turc fit con-- • ílruire à l’entrée de cette grande cale & de chaque côté deux redoutes, oùil mit un bon nombre de soldats & qu’il garnit d’artillerie pour la fureté dede ses Vaisseaux, & pour empêcher la Flotte Chrétienne, si elle paroissoit,d’en approcher. Mustapha, pour reconnoître par lui-même la situation duBourg & des Forts de l’Ifle, se détacha avec quelques Ingénieurs, & gagnaune hauteur appellée le Mont Calcutta, d’où il découvroit presque Fille en .tiere. II s’étoìt fait suivre du Chevalier de la Rivière, auquel il demanda delui montrer le poste de Castille, qu’i! lui avoit représenté comme le plusfaible de Fille. Lc Chevalier ne le lui eut pas plutôt montré, que ce Géné-