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27 (1767) La suite de l'histoire de l'order de S. Jean de Jérusalem depuis l'établissement des chevaliers dans l'isle de Rhodes, jusqu'à l'année 1725 ...
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I4 0 HISTOIRE DE L’ORDRE

Section perdre tous les jours un grand nombre de Chevaliers & de soldats. LaIV. Valette dépêcha une seconde Barque pour la Sicile, & il marqua au ViceroîI-IOloire de q U ’il écoit surpris de ses délais, que pourvû qu’il voûlut seulement débarquer huit-la mille hommes dans rifle, il se flattoit de faire lever le íiege. Mais il futmort “h “ fort surpris de ne voir arriver que deux Chevaliers , qui se rendirent avecjcan de la beaucoup de peine & de risque , & lui apprirent que le Viceroi, non con-Vaktte ten t de retenir les deux Galères de la Religion qui les avoient escortés, enbr- demandoit encore cinq autres avant que de se mettre en mer. Le Grand-'E'" Maître s’apperçut alors clairement que le Viceroi ne cherchoit qu’un pré-texte pour se dispenser de venir attaquer la Flotte des Turcs. II lui renvoyaSalvago, un des deux Chevaliers , pour faire de nouvelles instances, & LaMirande qui écoit l’autre lui demanda & en obtint la permission de se ren-fermer dans le Fort assiégé ; il y entra avec un nouveau secours, & y portadu vin & d’autres proviíions, ce qui ranima ceux qui y étoient.

Dragut, pour empêcher ces secours continuels, & la communication duBourg avec le Fort, proposa de dresser une nouvelle batterie sur la pointedu grand Port. Mais Mustapha lui représenta que cet endroit étoit tropéloigné du camp , & que les Chevaliers le saisiroient du canon , à moinsqu’on ne postât-là un Corps considérable de troupes, ce qui assoibliroit tropTannée ; mais qu’il falloit remettre ce dessein julqu’à Tarrivée du Viceroid’Alger, qu’on attendoit tous les jours, & qui íèroit ravi qu’on le chargeâtde cette entreprise. Le Conseil s’arrêta à cet avis. Le Bacha ordonna alorsd’élever le ravelin au-dessus du parapet de la Place , avec des fascines, dela terre & des sacs de laine , & de-là les Turcs découvroient tout ce qui sepassoit ; ils y firent encore monter deux canons , dont le feu & celui de lamousquetterie empêchoient les soldats d’approcher du parapet. Pour péné-trer jusques-là ils étoient réduits à s’y conduire par des tranchées & un sou-terrein qui y aboutissait. Mustapha pour ruiner cette défense sit avec desarbres, des antennes de Vaisseau,& de grosses planches construire un pontsi large que six hommes y pouvoient passer de front, & pour empêcherles Chrétiens do pouvoir le brûler on le couvrit de terre juíqu’à une certainehauteur. A la saveur de ce pont les Turcs pénétrèrent jusqu’au parapet,mais La Mirande ne les en laissa pas profiter longtems ; il fit une sortie, &pendant qu’il amusoit les ennemis par une fausse attaque , quelques-uns deses soldats se glissèrent fous le pont & y mirent le feu. Les 'Pures le réta-blirent le lendemain , & fur le soir firent la descente du fossé, & poserentdes échelles au pied de la muraille comme s’ils eussent fait dessein de monterà Tassant. Les Chevaliers se présentèrent aussitôt fur la breche. Les Infi-dèles , qui n’avoient fait ce mouvement que pour les obliger _ à sc décou-vrir, sc retirerent brusquement, & en même tems leur artillerie fit un feusi terrible , que TOrdre perdit plus de Chevaliers quelle n’avoit fait jusqualors.

Ceux qui restoient voyant Tétât déplorable de la Place , envoyerenc leChevalier Medran pour en informer le Grand-Maître , qui communiqua lachose au Conseil. La plupart de ceux qui le composoient opineront à aban-donner une Place , qu’on ne pouvoit plus garder fans perdre les forces qui

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