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27 (1767) La suite de l'histoire de l'order de S. Jean de Jérusalem depuis l'établissement des chevaliers dans l'isle de Rhodes, jusqu'à l'année 1725 ...
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DE M A L T H E. Liv. XXL Chap. VU. 141

festoient , ce qui laiíîeroit les autres Forteresses de FIste fans ressource ; Sectiomqu’ainsi plus on y envoyoit de secours plus on rendoit service aux Turcs, en IV.s’affoiblissant. U semble qu’un homme d’autant d’expérience & de capacitéque 1 etoit le Grand-Maître auroit dû se rendre à de si justes motifs , il fur tris* Zcependant d un avis contraire. 11 convint, qu a la-verite il ne croyoit pas mort *la Place tenable & qu’il ne pouvoit s’empécher de plaindre le fort des Jean de laChevaliers, exposés dans un poste st dangereux, à périr tous les jours, mais Valetteil soutint qu’il y a volt des occasions où il falloit hazarder les membres parti- &c "culiers pour sauver tout le corps ; qu’il étoit bien averti que si le Fort St.

Elme étoit pris ou abandonné , le Viceroi de Sicile avoit déclaré qu’il nehazarderoit point pour la défense du reste de l’iíle la Flotte & les troupesdu Roi son Maître ; qu’ainsi le salut de Malthe dépendoit absolument de ladurée du siégé, & que quoi qu’il en coûtât à la Religion , il falloit le pro-longer ausii longtems qu’on pourroit. Tout le Conseil revint à son avis ; ilchargea Medran d’instruire les Chevaliers qui étoient dans la Place, de la ré-solution & des raisons qui la soudoient , & de les exhorter à défendre leFort jusqu'à la derniere extrémité , selon le devoir de leur profession. Me-dran étant revenu avec cette réponse , les plus anciens Chevaliers protestè-rent de s’ensévelir sous les ruines du Fort plutôt que de l’abandonner; maisle plus grand nombre trouvèrent cette réponse dure, & méme cruelle ; &ils se plaignirent que le Conseil & des gens qui ne partageoient pas lepéril, les exposoient fans aucune apparence d’utilité à la boucherie.

Une mine que les Turcs tâchoient de pousser fous le premier parapet Mutinerieaugmenta leurs murmures. Ils écrivirent au Grand-Maîiré pour lui deman -kder la permission de se retirer dans le bourg, & par leur Lettre, signée decinquante-trois Chevaliers, ils lui déclarèrent que si la nuit suivante il neleur envoyoit pas des Barques pour les tirer du Fort, ils feroient une sortiel’épée à la main , & qu’iìs se feroient plutôt tous tuer que d’éire étouffésfous des ruines, ou égorgés comme des bêtes. Le Grand-Maître, bien-quesurpris d’une résolution aussi désespérée , ne laissa pas, dans la vue de ga-gner du tems, d’envoyer trois Commissaires pour lui faire un rapport fidelede la Place, & combien de jours elle pouvoit encore tenir; il lé proposoitaussi par-là de ramener les Chevaliers à l’obéissance. Deux des Commissai-res, gens sages & habiles , tâchèrent doucement de ranimer leur courage,en leur persuadant qu’íls pouvoient se maintenir encore quelques jours dansle Fort, en quelque mauvais état qu’il fui Le troisième, nommé Castriot,

& que l’on prétendoit être de la même maison que le fameux Scanderbeg,tout brûlant de zele & d’un caractère impétueux , fans avoir recours auxménagemens de ses confrères , soutint qu il y avoit différons moyens demettre la Place à couvert de l’artillerie du ruvelin , & ajouta que períonnen’ignoroit qu’une Place bâtie fur le roc ne pouvoit être minée. Les Cheva-liers prirent ce discours pour une injure , & comme un reproche qu’ils nesavoient pas leur métier ou qu’ils manquoient de courage , & quelques-unsdes plus vifs s’écrièrent qu’il falloit retenir un si habile homme dans le Fort,

& 1 obliger à mettre lui-même les leçons en pratique ; j! y en eut mêmequi coururent à la porte pour s’en rendre maîtres Co pour la fermer.

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